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#01- le Voleur fantôme
#01- LE VOLEUR FANTÔME
Scénariste(s) : Michel Regnier dit GREG, Alain SAINT-OGAN
Dessinateur(s) : Michel Regnier dit GREG
Éditions : le Lombard
Collection : BéDingue
Série : Zig et Puce
Année : 1965     Nb. pages : 64
Style(s) narratif(s) : Récits complets
Genre(s) : Aventure humoristique
Appréciation : 4 / 6
Quand un Grand Maître reprend une icône...
Écrit le mercredi 14 avril 2010 par PG Luneau

Zig et Puce sont des pionniers. En effet, qui, parmi vous, savait que ce duo inséparable a été créé en 1925, quatre ans avant Tintin?!?! Alain Saint-Ogan, leur créateur, leur a fait parcourir le monde dans des aventures aux rebondissements naïfs qui paraissaient chaque semaine dans un journal parisien bien en vue. Première BD française à avoir  ses textes dans des phylactères, cette série a su tenir ses jeunes lecteurs en alerte. Saint-Ogan faisait vivre à ses deux personnages des voyages mirobolants : ils ont  parcouru tous les continents, se sont rendus jusque sur Vénus et ont fait un saut… au XXIe siècle!! Le tout semble, ma foi, avoir très mal vieilli, et je ne suis pas particulièrement attiré par la réédition intégrale de leurs exploits, chez Glénat. À l’époque, pourtant, ils ont eu un succès foudroyant!… Succès auquel Saint-Ogan a dû mettre un terme pour des raisons de santé.

 

Toutefois, en 1963, Michel Greg, le créateur d’Achille Talon (mais aussi de tant d’autres, comme Bernard Prince, Comanche, Quentin Gentil et les As ou Frère Boudin…), s’est mis en tête de reprendre le duo et de leur faire vivre quelques nouvelles aventures. Avec l’autorisation (et la bénédiction!) de leur «père originel», Greg a imaginé une première aventure humoristique, vaguement policière, tout à fait dans la foulée de toutes les aventures humoristiques vaguement policières qui faisaient rage dans les années soixante : Quentin Gentil, Totoche, les 4 Asle Club des Cinq, le Clan des Sept… C’était l’âge d’or des groupes de jeunes gens ayant maille à partir avec des malfrats à la petite semaine, tant en BD qu’en littérature jeunesse : rappelez-vous les séries de la Bibliothèque rose, de la Bibliothèque verte, de même que les collections Spirale ou Rouge et or!! La reprise des aventures de Zig et Puce cadrait tout à fait dans ce moule. Les scénarii de Greg, comme presque toujours, étaient solides et remplis d’humour, et son dessin offrait aux deux héros un sacré rajeunissement! Quel dommage qu’il n’existe que six albums de ces aventures!

 

Mais peut-être vous demandez-vous qui sont Zig et Puce? Ce sont deux jeunes gens, sans âge (entre 16 et 23 ans?!), sans emploi réel, qui logent ensemble (dans des lits séparés… ouf, l’honneur est sauf!) et qui forment une paire d’amis indissociable. Comment parviennent-ils à payer leur loyer? Tout comme pour les autres jeunots des romans et des BD du temps, on n’en saura fichtrement rien!! Ces «petits» détails techniques (mais ô combien préoccupants, pourtant, du moins dans la vraie vie!) passaient apparemment comme étant sans intérêt pour les lecteurs de l’époque, et les auteurs ne se cassaient pas les nénettes à les leur expliquer. Les seules priorités de ces jeunes héros, c’était de dénicher les voleurs, de résoudre les énigmes apparemment insolubles, de relever les défis, de voyager et de se faire des amis partout où ils allaient! La belle vie, quoi!

 

Zig, c’est le grand mince, assez bel homme. Puce, c’est le petit rondouillet aux cheveux coiffés en pics et au nez pointu, celui qui a tout l’air d’un hérisson, finalement. Tous deux se partagent bien équitablement les découvertes fracassantes et les déductions éclairantes. Leur signe le plus distinctif, c’est l’originalité de leur animal de compagnie : un pingouin polisson mais sympathique qui répond à l’étrange nom d’Alfred. Ce volatile bipède a été si apprécié, à sa première apparition lors de l’expédition polaire de Zig et Puce, que Saint-Ogan a décidé d’en faire le troisième larron du duo! Depuis ce temps, Alfred suit ses deux maîtres sans relâche et… leur vole presque la vedette! Même Charles Lindberg, l’aviateur qui a réussi le premier vol aérien transatlantique sans escale en solitaire, avait une peluche à l’effigie du mignon petit pingouin dans la carlingue de son avion, le Spirit of Saint Louis, lors de son exploit en mai 1927! Le petit animal malhabile a même servi de modèle, pendant de nombreuses années, à la statuette récompensant les lauréats des prix des meilleures BD au festival international d’Angoulême, les fameux… Alfred!! (Notez cependant que, depuis quelques années, les organisateurs du festival ont changé et le nom, et le format du trophée!).

 

L’édition que je possède s’intitule le Voleur fantôme et reprend cette première aventure que Greg a pondue pour eux. C’est une intéressante intrigue qui se déroule lors de la grande foire annuelle du charmant petit village de Sifflotay, où logent nos héros. Depuis quelques temps, un mystérieux voleur sévit au village. Il a réussi, à plusieurs reprises, à commettre des vols parfaits, sans jamais laisser de traces! Comment fait-il pour entrer dans tous ces commerces verrouillés et pour parvenir à y endormir les gardiens en place, à chaque fois? Quand Zig et Puce mettront leurs méninges au service de cette cause, ils sauront résoudre cet épineux mystère… mais s’en sortiront-ils vivants?

 

Il semblerait que oui (Oups ! Une révélation fracassante! Désolé pour ceux qui ne s’y attendaient vraiment pas!?), puisqu’un deuxième récit, un peu plus court, complète mon album. Il s’agit d’un épisode intitulé le Vagabond d’Asie, une amusante aventure où nos deux amis retrouvent, perdu en pleine forêt... rien de moins qu’un éléphant!!!?! Ils auront fort à faire pour retrouver son propriétaire… et pour empêcher l’animal de commettre toutes les bêtises que son ampleur et son enthousiasme lui imposent!

 

Un charmant petit album, assez sympathique pour résister au temps qui passe et pour satisfaire toute la famille… En effet, il saura répondre au plaisir de découverte des uns, et aux plaisirs nostalgiques des autres! Bonne lecture!

 

 

Plus grandes forces de cette BD :

 

  • le chouette dessin de la couverture, où l’on reconnait bien la patte du grand Greg. Les couleurs y sont vibrantes et les formes, parfaitement maîtrisées. Du vrai génie! Malheureusement, il y a fausse représentation (voir plus bas).

 

  • le nom du village de nos deux héros : Sifflotay-sur-la-Gamme. Je ne sais si Saint-Ogan avait déjà établi ce nom de village ou si c’est Greg qui a pris cette décision (j’aurais  tendance à opter pour ma deuxième hypothèse : il me semble que ce jeu de mots sonne très «gregois»!). Chose certaine, l’appellation est amusante à souhait.

 

  • les punchs de bas de pages. Toujours! Greg y démontre un talent de monteur de pages exceptionnel, plaçant invariablement, dans la dernière case d’une planche, un élément de mystère, une question, une découverte éminente… qui nous pousse à tout de suite vouloir lire la page suivante! Rares sont les bédéistes qui y parviennent, de nos jours. Il est vrai que cette habileté était indispensable, à l’époque des journaux spécialisés : elle servait principalement à hameçonner les lecteurs, à les tenir en haleine pendant toute une semaine et à les forcer à acheter le magazine suivant, puisque, à l’époque, presque tout était publié en feuilletons de quelques planches à chaque semaine!

 

  • les petits gags cachés dans les décors. Par exemple, le monsieur avec un cornet de frites qui se frotte le derrière manifestement endolori, à la page 9 : j’ai pris plaisir à chercher la cause de cette douleur, ce que j’ai finalement trouvé dans une grande vignette faisant les trois-quarts de la planche précédente et qui montre la place du village en plan général. Comme de fait, on y voit l’homme en question s’étaler de tout son long… (le seul problème, c’est qu’il s’y étale à plat ventre! Je ne comprends donc pas sa douleur au fessier, mais bon, même Greg a droit à ses petites erreurs!!) Tout le récit regorge de petits détails cocasses de ce genre.

 

  • la délirante mêlée générale de vélos, au début du récit. La planche #7 nous présente cinq longues vignettes, faisant toute la page en largeur et toutes prises du même point de vue. Cette séquence montre l’évolution catastrophique du carambolage causé par Alfred! À travers cette planche, Greg nous démontre son incroyable talent de conteur humoristique. Comme tout le décor reste rigoureusement identique sur chacune des bandes, notre œil peut se permettre de s’attarder seulement aux très nombreux personnages pour bien saisir l’ampleur de l’accident… et son comique! Du grand art!

 

  • le côté bon enfant des aventures vécues. Bien sûr que, de nos jours, ces histoires où des jeunes mènent des enquêtes, suivent des voleurs dans des souterrains, aident des scientifiques à expérimenter leurs machines improbables, ça semble dépassé… mais qu’est-ce que c’est charmant de se replonger dans nos plaisirs d’enfance! Moi, j’en ai espionné, du monde, quand j’étais jeune!! Un plaisir que les jeunes d’aujourd’hui semblent délaisser!

 

 

Ce qui m’a le plus agacé :

 

  • la fausse représentation de la couverture. L’illustration de mon édition montre Zig et Puce dessinés dans le plus pur style «gregois»! On y reconnaît tout à fait le tracé impeccable et les courbes parfaites des meilleurs dessins d’Achille Talon. Je m’attendais donc à ce que l’album entier soit ainsi, qu’il date de cette même époque. Mais voilà : en 1963, quand Greg débute ce récit, il dessine mieux que Saint-Ogan, oui, et ses Zig et Puce sont bien plus beaux que les originaux… mais ils sont encore bien loin de la perfection de ceux de cette couverture! Il est clair que celle-ci a été refaite beaucoup plus tardivement, lors d’une réédition!! Je dirais que l’illustration en question a été réalisée vers le milieu des années soixante-dix, si je compare avec l’évolution des traits dans Achille Talon! J’aurais tellement aimé que tout l’album ait ces rondeurs parfaitement proportionnées! Mais après tout, en 1963, Greg n’avait même pas encore créé son inclassable Talon! Il est donc normal que ses traits, dans l’album, aient encore quelques raideurs!

 

  • plusieurs erreurs de coloration. Quand le drapeau français devient italien, ce n’est pas très normal! Et que dire des deux ou trois occasions où un visage, le temps d’une case et sans aucune raison scénaristique, devient livide!

 


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