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#05- Bécassine mobilisée
#05- BÉCASSINE MOBILISÉE
Scénariste(s) : Maurice Languereau dit CAUMERY
Dessinateur(s) : Édouard ZIER
Éditions : Gauthier - Languereau
Collection : X
Série : Bécassine
Année : 1918     Nb. pages : 62
Style(s) narratif(s) : Récit complet
Genre(s) : Humour naïf, Historique
Appréciation : 3 / 6
À la guerre comme à la guerre : il est temps de se trouver un boulot!
Écrit le jeudi 04 août 2011 par PG Luneau

Bécassine est bien catastrophée! En effet, avec cette guerre qui n’en fit plus (la Première, rappelons-le!), madame la Marquise de Grand-Air, sa maîtresse, se retrouve dans l’embarras! Ses finances vont un peu mal, ce qui l’oblige à louer une de ses demeures d’été et de vendre son logement de Paris pour déménager dans plus petit, à Versailles!! Quelle horreur! Déjà que, de tous les domestiques qui couraient dans les couloirs, la Marquise n’en gardait plus que deux, soit Marie, la cuisinière au fort caractère, et notre pauvre amie bretonne! Celle-ci est bien en peine, et cherche ardemment comment elle pourrait ne plus être une charge pour sa maîtresse, qui la loge et la nourrit gracieusement (en échange des innombrables travaux ménagers que Bécassine fait dans la maison, mais ça, notre belle dinde n’a pas l’air d’en tenir compte!!).

 

Grâce aux bons conseils de Marie, Bécassine trouve la solution : elle demandera à être mobilisée! Comme tous les hommes sont au front, les femmes sont de plus en plus demandées pour des fonctions habituellement réservées aux hommes. Notre gentille héroïne va donc s’inscrire afin de pouvoir travailler «pour l’État»! Et, en attendant qu’on lui trouve un poste à la mesure de ses compétences (ou de ses incompétences, c’est selon!), elle se déniche un emploi temporaire pour les tramways de Versailles : elle sera tickettière-poinçonneuse!

 

J’avais très hâte de me replonger dans l’univers rose-bonbon de Bécassine, avec son humour d’un autre siècle… Ça faisait plus d’un an que je n’en avais lu, et la tentation a été trop grande : j’ai succombé! Malheureusement, cet album m’aura plutôt déçu!...

 

Pour commencer, soulignons que cet album a été publié en… 1918, vers la fin de la Grande Guerre!! Donc, Caumery écrivait «en temps réel», si je puis m’exprimer ainsi : il racontait ce qui se déroulait autour de lui! Mais après deux albums complets sur la thématique de la Guerre, j’aurais aimé passer à autre chose… comme si les guerres cessaient comme ça, à la demande!!? Mais j’aurais préféré retrouver notre petite bécasse dans un autre contexte, plus pétillant, plus gai… En somme, j’aurais dû sauter quelques tomes pour mieux y revenir plus tard. Mais, intègre et méthodique comme je suis, je respecte mon ridicule point d’honneur de faire les choses dans l’ordre, le plus possible!

 

En fait, ce qui m’a surtout déçu dans cet album, finalement, c’est que Bécassine n’y est pas aussi génératrice d’imbroglios qu’elle peut l’être habituellement. À part un détournement de tramway (mais pour une bonne cause!!), et un court épisode de poussière de charbon dans l’œil, elle est beaucoup plus spectatrice que dans les autres tomes, et décrit surtout le monde qui l’entoure plutôt que d’agir, maladroitement, comme elle seule sait le faire.

 

Cet album n’est donc qu’un gros prétexte pour nous présenter une batterie de personnages secondaires tous plus abracadabrants les uns que les autres! Ainsi, on fait la connaissance d’un peintre italien, d’une soubrette, d’un poète médicinal (?!), d’un chauffeur de tramway taciturne, d’une volubile receveuse, d’un angelot diablotin, de deux employés de la R.A.L.E.P.E.U.P.P.S.T. (ouf!), de l’acariâtre épouse de l’un d’eux et d’un commissaire-priseur plus que souriant! Ça fait beaucoup de monde, autour de notre gentille paysanne… un peu trop, peut-être… Si les travers de ces gens avaient de quoi faire sourire les gentilles lectrices du Journal de Suzette, dans lequel les aventures de Bécassine étaient originalement publiées, ils semblent aujourd’hui bien puérils et vains!! Le décalage entre l’humour gentiment naïf d’alors et les séries souvent plus sarcastiques d’aujourd’hui se creuse encore plus chaque jour!

 

En fait, je crois que cet album devrait presque se mériter la note de 2,5, mais par bonté (et en tenant compte que les premiers albums dépassaient 3,5 de quelques miettes à chaque fois), je monte généreusement à 3… mais vivement que je retrouve notre gaffeuse à l’œuvre!

 

Liens vers mes autres critiques de Bécassine : tomes #3 et #4 !

 

P.S.: SCOOP!! Je viens de découvrir que, malgré ce qu'en disent les crédits, cet album et le suivant ont été dessinés par Édouard Zier, car Pinchon était retenu... à la guerre!!

 

Plus grandes forces de cette BD :

 

  • le caractère encyclopédique de l’œuvre. Par exemple, cet album nous fait découvrir la région de Versailles… telle qu’elle était en 1918! Tout le passage du récit sur le monde des tramways m’a donné envie d’aller voir sur Google map où était Versailles, où passaient les rames décrites (dont celle sur laquelle Bécassine travaillait : la ligne Chantiers – Porchefontaine) et les endroits mentionnés, comme le Bois des Gonards. Ça a été très instructif! De plus, on en apprend toujours un peu plus sur les coutumes et les expressions de l’époque. J’adore «entendre» les gens parler dans cette série, tant Bécassine, qui vient de la campagne bretonne, que les gens de la ville ou la Marquise, femme du monde s’il en est! Certaines expressions sont dépaysantes ou amusantes, comme quand Virginie parle du petit monstre en disant «… il fait son petit Saint-Tranquille» ! De plus, j’aime découvrir la vie quotidienne au temps de cette guerre. Par exemple, j’ai appris que, de peur des attaques aériennes, les Français avaient recouvert toutes les statues de leurs parcs de fétus de paille, au point de ne plus voir que de grosses meules! Fascinant!

 

  • une petite (toute petite!) critique de l’administration publique, avec toute sa paperasse inutile à remplir et à classer. Les bureaux de la R.A.L.E.P.E.U.P.P.S.T. (de même que son nom!) peuvent, à certains égards, rappeler la désormais célèbre Maison des fous des Douze travaux d’Astérix!

 

 

Ce qui m’a le plus agacé :

 

  • la naïveté sans borne de l’héroïne. Notre pauvre amie se sent «obligée» de payer pension à sa maîtresse car celle-ci se «sent serrée», à cause de la Guerre!! Quelle absence totale de fierté de soi! Quand bien même la marquise devrait se détacher de deux ou trois de ses châteaux d’été, elle resterait encore bien assez riche pour entretenir des centaines d’employés comme Bécassine!! Elle ne fait absolument pas pitié!! Pourtant, notre chère bonniche se considère comme un fardeau! Elle trouvera un petit boulot, pour payer son gite et son couvert à celle qui la fait vivre depuis toujours… mais sans réaliser, dirait-on, qu’elle l’a toujours fait travailler très fort, en contrepartie, et ce depuis tout aussi longtemps!

 

  • l’absence d’imbroglios impossibles, qui font le sel de cette série. On se trouve seulement en présence d’une galerie de personnages plus ou moins intéressants. J’ai hâte qu’on sorte de la thématique de la guerre, et que ma petite bretonne préférée reprenne ses activités rigolotes (c’est-à-dire ses gaffes à répétition!).

 

  • l’absence presque totale des personnages secondaires les plus complices de Bécassine. Ainsi, Zidore quitte dès la page 2, Loulotte n’est pas encore née, Hilarion, le plaisant majordome n’est plus là non plus… Notre pauvre amie est bien seule, c’est peut-être pourquoi elle est moins entreprenante!!

 

 


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