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#01- 'Y a des jours comme ça!
#01- 'Y A DES JOURS COMME ÇA!
Scénariste(s) : Guillaume BIANCO
Dessinateur(s) : Guillaume BIANCO
Éditions : Soleil
Collection : Start
Série : Will
Année : 2003     Nb. pages : 46
Style(s) narratif(s) : Gags en une planche
Genre(s) : Humour grivois, Quotidien
Appréciation : 3 / 6
Plus potache que ça...
Écrit le samedi 14 août 2010 par PG Luneau

Avec Will, Bianco ne fait vraiment pas dans la dentelle! On est très loin du charmant petit univers rose bonbon d’Ernest et Rebecca, ou même du caustique mais ô combien revendicateur Hotdog. Ici, on est dans l’humour gros et gras, plus souvent qu’autrement en bas de la ceinture!

 

En somme, cette série nous présente le quotidien de Will, un jeune adulte qui tente de se trouver une place au soleil. Il a ses potes (avec qui il aime bien fumer et picoler), quelques voisines et amies (qu’il reluque sans trop croire à ses chances de les hameçonner), son petit boulot de livreur de pizzas (avec son patron colérique et sa fille si tentante!!) et ses innombrables examens de conduite (qu’il coule tous les uns après les autres).

 

Bien sûr, le pauvre diable n’est pas très chanceux… ni très futé! Par exemple, ce n’était pas l’idée du siècle de fumer un pétard avec ses copains juste avant sa ixième reprise d’examen pour l’obtention de son permis de conduite. Ce n’était pas bien malin non plus de s’enfiler un condom sur la tête ou de gifler la jeune femme qui venait de lui retirer son maillot pour l’inviter à un bain de minuit torride!

 

Comme vous pouvez le constater, on est loin de l’album jeunesse… Ça «zigne» d’aplomb, dans cet album, d’autant plus que Klébert, l’horrible chien de Will, a une libido insatiable qui le pousse à se frotter joyeusement sur tout ce qui bouge… et même sur ce qui ne bouge pas! On nous présente aussi quelques uns des fantasmes du jeune héros, toujours sur un mode caricatural et humoristique, et si le tout est présenté avec réserve, il n’en demeure pas moins que les thèmes ne sont pas appropriés pour les moins de quatorze ans.

 

À bien y penser, on est aussi assez loin de l’album pour adulte!! En fait, j’ai cru retrouver l’humour que j’adorais lire dans les magazines Crocs ou Mad, quand j’étais au cégep, jeune et insouciant… Des gags qui rejoignent beaucoup l’humour de l’actuel Safarir… mais que je trouve maintenant assez puéril, du haut de mes quarante-deux ans bien sonnés. Faut-il préciser que ces planches étaient pré-publiées dans le Lanfeust mag, magazine destiné aux amateurs de S.F. et de fantastique. Elles s’adressent donc  principalement à des jeunes hommes de quinze à vingt-quatre ans. Si j’ai personnellement trouvé plusieurs gags d’un goût discutable, ou même parfois carrément déplacés, je reste persuadé que le genre doit plaire au public-cible.

 

Le dessin, pour sa part, est cocasse et sympathique, ce qui adoucit un peu la crudité des gags salaces. Bianco a quand même commis quatre albums axés sur ce personnage… Je suis bien heureux qu’il exploite maintenant son talent sur autre chose que cet humour de potache.

 

Will, une série Idéale pour votre neveu boutonneux à la libido émergente et aux émotions exacerbées!

 

 

Plus grandes forces de cette BD :

 

  • les pages de garde qui présentent très clairement les personnages. On fait donc leur connaissance avant même notre lecture. Et quand on arrive à la fin, on constate que les textes de présentation sont les mêmes… mais que tous les personnages ont une physionomie agressive, comme s’ils venaient de lire l’album, eux aussi, et de réaliser toutes les bêtises que Will a fait… à leur détriment. Notez que ces pages sont aussi très utiles comme référence : je m’en suis servi à maintes reprises pour différencier rapidement Maëva, Francesca et Brigitte, les trois femmes de l’entourage de Will, qui se ressemblent un peu trop à mon goût!

 

  • la petite bestiole à la fin de chaque planche. Bianco semble avoir été beaucoup influencé par la coccinelle de Gotlib et les signatures stylisées de Franquin! En effet, il reprend toujours l’idée de clore chaque gag d’une petite créature, tant pour Hot Dog que pour Ernest et Rebecca. Ici, c’est une petite bestiole ailée et verte (une mouche?) dans une posture originale, souvent en lien avec le thème du gag. C’est sympathique.

 

  • trois ou quatre très bons gags, bien efficaces même si généralement assez prévisibles. Il en va ainsi pour sa première rencontre avec son détestable instructeur de conduite, ou encore pour celle avec Francesca, la fille de son Italien de patron, que celui-ci lui défend bien de toucher. J’ai aussi particulièrement aimé le gag de la «guédille au nez», à la page 24, même s’il fait dans le fluide corporel très primal : c’est un peu enfantin, mais ne boudons pas notre plaisir!

 

  • la chute récurrente où Will ne trouve pas d’autre solution, suite à un de ses nombreux impairs monumentaux, que de quitter pour le Tibet, l’Amazonie ou Tombouctou! Ces fuites, toujours dans la dernière case des planches, sont bien amusantes.

 

  • le clin d’œil à Arleston, sur une affiche de la pizzeria, à la page 15. Ces petites apparitions surprises sont toujours sympathiques.

 

  • les nombreuses incursions dans l’univers de la Guerre des étoiles. C’est vraiment agréable de voir à quel point cette saga (la première, dans le cas présent, c'est-à-dire les épisodes IV, V et VI) semble importante dans l’univers de Will : on le perçoit tant dans ses rêves que dans ses délires ou ses fantasmes!

 

  • le gag tendre de la page 35. Parmi tous ces gags osés et ceux qui nous montrent le caractère si indolent du pauvre Will, on retrouve un gag touchant, une perle de bon sens dans la fange… Une planche qui, pour une fois, vise la tendresse plutôt que l’humour. Son unicité permet un décalage d’autant plus efficace! Bravo pour cette sage conscientisation à la relativité de nos petits inconforts.

 

 

Ce qui m’a le plus agacé :

 

  • certains gags carrément dégoûtants. Celui où Will cherche un chaton qui a trouvé refuge dans le décolleté plongeant de sa voisine, dès la page 5, donne le ton : la main de notre gus se rend jusqu’à l’entrejambe de madame, et la chatte qu’il y trouve n’est pas le minou recherché!! C’est d’un grossier. Ou celui où il livre une pizza à un party de tantouzes bardées de cuir, toutes en chaleur, et qu’il en revient à moitié déshabillé en se frottant le derrière! On nous laisse imaginer l’origine de la douleur!?! À la toute fin de l’album, Bianco innove en nous montrant son héros dans une posture où l’on voit très rarement les héros : en action sur le bol de toilette! C’est novateur, oui, mais ça manque de bon goût, surtout qu’on le voit en train de faire son «numéro deux» pendant six vignettes! C’est bien beau de briser des tabous, mais je me serais bien passé de celui-là!

 

  • l’omniprésence de l’humour de potache pré-pubère, qui ne vise pas plus haut que le poil de poche!! Qu’il y ait quelques gags de ce genre, je veux bien… mais que la moitié de l’album se situe en bas de la ceinture, je trouve que c’est un peu excessif… Si au moins Klébert ne «zignait» pas tout le monde à tout bout de champ!

 

  • la surabondance de héros livreurs de pizzas, chez Soleil! En effet, dans un registre plus fantastique médiéval d’opérette, il y a aussi Augustin qui a son livreur de pizzas chez cette même maison d’éditions, dans la série Héroïc Pizza. De plus, Parker, de Parker et Badger, chez Dupuis, n’est-il pas un désœuvré en scooter, lui aussi?? Pourtant, il reste dans la mesure du bon goût, lui!

 

  • l’incongruité de Will. Un gars si porté sur le sexe… et qui ne réalise pas que sa voisine nymphomane ou que ses deux copines suédoises sont en chaleur devant lui!? Qu’est-ce que c’est que cette idée de préférer rentrer chez lui pour visionner un film porno à la télé!?! Il ne sait vraiment pas ce qu’il veut, le plouc!

 

  • le clin d’œil à Gérard Depardieu. Will est tout ébahi de livrer une pizza chez une personnalité si prestigieuse. Je ne sais pas si Bianco doutait de ses talents de caricaturiste, mais il n’avait pas à affubler l’acteur des pantalons d’Obélix et de ce ridicule t-shirt sur lequel est inscrit Mission Cléopatre (sic) pour qu’on le reconnaisse… surtout que Will a déjà crié le nom de la star deux cases plus tôt!

 

  • le sous-emploi des personnages masculins. Flo et Seb sont présentés dans les pages de garde comme les deux meilleurs copains de Will. Pourtant, on ne les voit à peu près jamais, sauf dans quelques dernières cases, où ils agissent en tant que confidents passifs et stupéfaits. Si leur rôle avait été plus actif, ça aurait pu entraîner une plus grande variété de situations.

 

 


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@ Kikine: Ça ne vaut peut-être même pas la peine... En fait, je viens de trouver le moment idéal pour lire cet album: un soir, vers trois ou quatre heures du matin, quand tu es fourbue et complètement à plat! Dans de telles conditions, il y a des chances que tu ries aux larmes certains gags en te tenant les côtes de douleur! Mais il faut vraiment avoir le cerveau en mode «éteint»!
Rédigé par PG Luneau le dimanche 15 août 2010 à 8:33


Moyennement intéressée mais peut-être que si je tombe par hasard dessus à la bibliothèque, par exemple
Rédigé par kikine le samedi 14 août 2010 à 20:51




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