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#01- Ils m'ont élu
#01- ILS M'ONT ÉLU
Scénariste(s) : Eliette ABÉCASSIS, Pierre Fournier dit MAKYO
Dessinateur(s) : Laurent SEIGNEURET
Éditions : Glénat
Collection : Loge noire
Série : Trésor du Temple
Année : 2007     Nb. pages : 48
Style(s) narratif(s) : Récit à suivre (1/3)
Genre(s) : Thriller ésotérique, Adaptation littéraire
Appréciation : 3 / 6
Que de maladresse au centimètre carré!
Écrit le dimanche 15 août 2010 par PG Luneau

Ouf! Je suis toujours un peu mal à l’aise quand, à la fin de ma lecture, ma liste de points forts de l’œuvre est vide et celle des faiblesses n’en finit plus… C’est malheureusement le cas avec ce premier tome de la série le Trésor du Temple. Cette adaptation d’un roman d’Eliette Abécassis par Pierre Makyo comporte tellement de maladresses, tant au plan scénaristique que graphique, que c’en est gênant. C’est d’autant plus dommage que le thème est intéressant. Il aurait mérité un traitement plus rigoureux.

 

Le cadavre calciné d’un archéologue réputé vient d’être découvert non loin des grottes de Qumran, non loin de Jérusalem. Il aurait été sacrifié selon un rite très ancien. L’enquêteur en charge de l’affaire croit que les Esséniens, ces hommes qui vivent secrètement dans les grottes environnantes et qui préservent depuis deux mille ans les modes de vie préconisés par la Bible, sont impliqués dans ce meurtre atroce. Il décide donc de faire appel au fils d’un de ses amis, qui vient d’entrer officiellement dans cette secte, quelques mois plus tôt.

 

David, le jeune homme en question (qui s’appellait Ary dans le roman?!), a justement été identifié comme étant l’Élu par ses nouveaux condisciples… le soir même du meurtre! Hasard?... Fort de ce nouveau rôle, David entreprend donc un peu malgré lui de mener cette enquête, même si ça le force à travailler de pair avec la belle Helen, cette femme qu’il avait dû abandonner lors de son adhésion chez les Esséniens… et pour qui son cœur n’a peut-être pas cessé de battre, finalement!

 

En soit, tous les éléments du genre «enquête mystique», cher à madame Abécassis, sont réunis. Mais apparemment, le transfert en mode BD n’a pas avantagé cette histoire. Comme c’est souvent le cas dans les adaptations comme celle-ci, la scénarisation du roman a obligé monsieur Makyo à couper dans le gras et à tourner certains coins rond. Cette fois, le récit s’en ressent : beaucoup trop d’imprécisions ou de contradictions se sont imposées à moi, minant sincèrement mon envie de plonger et de croire aveuglément à l’histoire qu’on me raconte. Pourtant, Pierre Makyo en a vu d’autres. Il travaille même, en parallèle, sur la série Qumran, aussi tirée d’un roman de cette même madame Abécassis (il s’agit, de fait, du premier roman avec ce même héros; le Trésor du Temple en serait une suite). J’ai lu, il y a quelques années, les deux albums de Qumran actuellement disponibles. Dans mon souvenir, l’adaptation m’était pourtant parue efficace! Que s’est-il passé avec cette série-ci?

 

De plus, et cela n’aide absolument pas la cause de cet album, le travail de Laurent Seigneuret sur le dessin et la mise en page démontre des lacunes évidentes de débutant (vérification faite, il s’agit effectivement de la première œuvre de ce dessinateur autodidacte!). Visages horriblement dessinés, composition d’image maladroite, nombreux plans inutiles… même la typographie accroche!! Et, pire que tout, l’émotion ne passe absolument pas dans ses traits figés et très peu maîtrisés.

 

Bref, on a peut-être à faire avec une bonne histoire (ce tome-ci n’étant qu’une introduction, laissons l’avenir nous le confirmer), mais elle est soumise à un traitement mou qui démontre une absence évidente de supervision éditoriale. Les responsables de la collection Loge noire ont fait preuve ici d’un manque de rigueur qui me déçoit beaucoup. Par respect pour ce qu’ils ont l’habitude de nous donner, et à cause de mon intérêt particulier pour ce genre de thème ésotérique, j’accorde un 3 / 5 à cet album qui devrait plutôt ne se mériter qu’un 2,5. Laissons la chance au coureur et espérons que les choses se placeront un peu dans le tome #2.

 

 

Plus grandes forces de cette BD :

 

  • un thème intrigant, impliquant les manuscrits de la mer Morte et la franc-maçonnerie. Quel dommage qu’il y ait tant de confusions et d’incohérences! À commencer par celle-ci : puisque le rite qui a tué le professeur Ericsson était essénien, pourquoi David ne commence-t-il pas son enquête chez ses confrères moines? Comment peut-il être si sûr de l’innocence de ses condisciples?

 

  • de belles variétés de prises de vue.  Les angles par lesquels Seigneuret attaque ses vignettes sont intéressants et très diversifiés. C’est là une des rares qualités graphiques de l’œuvre!

 

  • la superbe illustration finale, pleine planche, qui est reprise en filigrane sur le quatrième de couverture. Cette reconstitution du second Temple de Jérusalem, tel qu’il devait être avant sa destruction, est fort réussie.

 

 

Ce qui m’a le plus agacé :

 

  • les L. Tous les L des textes calligraphiés dans cet album ont l’air de V majuscules! Très souvent, ça faisait en sorte que je devais m’y prendre à deux fois avant de finir par comprendre quelque chose! Par exemple, à la page 30, on jurerait qu’il est écrit : « IV DEVAIT NOUS VIVRER…» C’était très agaçant. 

 

  • les visages des personnages sont souvent ratés. C’est surtout au niveau de la surcharge de lignes et de la surabondance de rides chez les personnages plus âgées que le bât blesse. De plus, le personnage principal ne se ressemble pas toujours (ex. page 25), ce qui est bien gênant!

 

  • la composition malhabile de certaines cases. Par exemple, la quatrième case de la page 10 laisse un gros vide, sur la moitié gauche. Ça crée un immense à-plat noir, qui n’a rien d’esthétique, malgré la grosse chaîne en avant-plan.

 

  • le choix des mots en grosses lettres doubles. Dans ses phylactères, Laurent Seigneuret choisit souvent d’écrire certains mots en lettres doubles, pour leur donner une épaisseur. Je comprends qu’il le fasse pour certains noms importants, pour qu’ils nous restent mieux en tête, ou pour des interjections de surprise ou de panique. Mais très souvent, les mots qu’il grossit de cette façon le sont sans raison pertinente! Par exemple, dans la première case de la page 15, quand le héros dit : «Il était le seul à être en métal et très difficile à DÉCHIFFRER!!!» Pourquoi hurle-t-il ce dernier mot? Ça n’est pas logique, et ça n’a rien de naturel!

 

  • des mystères scénaristiques. Par exemple, la discussion entre David et l’agent secret Shimon Delam, aux pages 16 et 17, semble se passer en retrait des autres personnages… mais on ne les voit jamais s’éloigner du groupe de policiers!! Ils ont été téléportés? Et si la désignation de David en tant qu’Élu des Esséniens est si importante, à en croire tout le monde (jusqu’au titre de l’album!), pourquoi diantre les auteurs ont-ils jugé bon de ne pas nous le montrer, ne serait-ce qu’en flash-back??! Personnellement, ce simple choix scénaristique fait en sorte que je ne crois pas une seconde en l’importance de cette fonction obscure!

 

  • les nombreuses redites visuelles. Le paysage du haut de la page 13 est repris dans le haut de la page 20, pour indiquer que la nuit est tombée… mais pourquoi l’avoir encore redessiné à la page 25? Même chose dans le haut de la page 18 : pourquoi nous montrer le départ de la camionnette rouge pendant deux cases? Ces redondances sont inutiles, et l’espace ainsi perdu aurait dû être utilisé pour expliquer les passages confondants.

 

  • les nombreuses contradictions. Par exemple, le David-narrateur nous dit, à la page 26, que le camp a été évacué par la police… Non seulement il y trouve Helen à la case suivante, mais Josef Koskka les rejoint une planche et demie plus loin! Drôle d’évacuation! Autre contradiction : les personnages n’arrêtent pas de dire que le manuscrit du rouleau de cuivre est indéchiffrable, que son code en est totalement hermétique et que, ô miracle, le professeur Ericsson aurait ENFIN pu en déchiffrer le contenu… mais dès que David en parle à son père, celui-ci démontre qu’il en connaît le contenu par cœur!!

 

  • les émotions, surtout ceux du personnage principal, ne passent pas. En aucun moment j’ai ressenti le mal à l’âme spirituel qui est supposé assaillir le pauvre bougre, qui tergiverse entre sa foi et sa belle Helen! Ses traits figés, qui rappellent beaucoup les traits du dessinateur Tito, sont froids et donnent l’impression de photos statiques, aux émotions plaquées, comme dans les photos-romans quétaines de mon jeune temps!

 

  • une erreur de datation, sur le quatrième de couverture. On nous dit que les Esséniens perpétuent leur austérité et leurs prières depuis deux siècles… alors qu’en fait, ça fait deux millénaires qu’ils le font! «Légère» différence!!

 


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@ Kikine: Il faut bien qu'il y en ait un ou deux de moins tentant!! Tant mieux si ça peut te faire plaisir!
Rédigé par PG Luneau le vendredi 20 août 2010 à 7:09


"Ouf! Je suis toujours un peu mal à l’aise quand, à la fin de ma lecture, ma liste de points forts de l’œuvre est vide et celle des faiblesses n’en finit plus…"

Et bien, moi, pour une fois, je suis contente ... une tentation de moins dans la TRÈS LONGUE liste des choses à lire absolument car recommandé par PG !
Rédigé par kikine le jeudi 19 août 2010 à 18:25




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