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#01- Born to be a larve
#01- BORN TO BE A LARVE
Scénariste(s) : Gilles Roussel dit BOULET
Dessinateur(s) : Gilles Roussel dit BOULET
Éditions : Delcourt
Collection : Shampooing
Série : Notes
Année : 2004     Nb. pages : 190
Style(s) narratif(s) : Tranches de vie en une ou quelques planches
Genre(s) : Blogue, Humour, Quotidien, Autofiction
Appréciation : 4.5 / 6
Amusant fourre-tout que ce blogue version papier!
Écrit le lundi 23 novembre 2009 par PG Luneau

Les blogues étant un phénomène de société, il fallait bien qu’ils fassent aussi leur apparition dans le monde du neuvième art. Ainsi, si plusieurs adorent y écrire leur quotidien, leurs passions ou leurs états d’âme, quelques uns (habituellement des dessinateurs) sont plus à l’aise pour les y illustrer, sous forme de dessins d’humour ou de petites BD. C’est le cas pour Gilles Roussel, alias Boulet.

 

J’ai découvert ce jeune illustrateur, de la famille de Tchô! (c’est-à-dire la bande à Titeuf) grâce à trois séries distinctes : Raghnarok, le petit dragon, les Womoks, genre de milice spatiale totalement déjantée, et les Rubriques scientifiques, un de mes plus grands coups de cœur des dernières années. J’aimais beaucoup les airs «bon enfant» qu’il donnait à ces personnages et, surtout, l’humour un brin mordant  qu’il insufflait à ses séries.

 

Aussi, quand j’ai appris qu’il publiait, à l’instar de quelques autres illustrateurs qui commençaient à le faire, le contenu de son blogue dans l’amusante collection Shampooing, chez Delcourt, j’ai été très tenté de découvrir ce que l’homme qui avait si bien su m’amuser avait dans le ventre. Car, il faut bien le dire, les blogues permettent vraiment aux lecteurs d’avoir une bonne idée de la personnalité de ceux qui les tiennent, puisque chaque blogueur se dévoile immanquablement à travers leurs billets, que ceux-ci soient écrits ou dessinés.

 

C’est donc avec grand plaisir que j’ai lu le premier tome de Notes, reprenant les «œuvres» ayant parues sur le blogue de Boulet au cours de sa première année, soit de juillet 2004 à juillet 2005. Évidemment, s’il est toujours excitant de plonger dans un nouveau livre, c’est quand même aussi un peu inquiétant d’anticiper le contenu d’un livre ayant une formule aussi ouverte. De quoi l’auteur pourra-t-il bien nous parler? Va-t-il se lancer dans des commentaires sur l’actualité ou la politique française, ce qui n’intéresserait en rien le petit Québécois que je suis? S’attardera-t-il plus à son quotidien de dessinateur? À ses lubies de créateur? Suspense…

 

Heureusement pour moi, c’est vraiment dans l’optique de ces deux dernières suppositions que mon pote Boulet s’est lancé. Oui, je dis bien «mon pote», non que je sois intime avec lui (quoi qu’avec son blogue, je pourrais sans doute échanger avec lui et, qui sait, devenir vraiment proche de lui ?!), mais à force d’entrer dans son intimité, ses préoccupations, son appart, son cercle d’amis, etc., on a vraiment l’impression de le connaître comme on connaît un ami.

 

C’est donc généralement sur des sujets accessibles au commun des mortels, comme les joueurs de djembé ou les techniciens des boutiques informatiques, qui nous font tous tourner en bourrique chacun à leurs façons, qu’il se penche. Bien sûr, le monde des bédéistes, des salons du livre et des séances de signatures, avec leurs lots de barjots, déguisés ou non (comme Najette, la cosplay un brin débile, ou l’oncle de «Louis»), est un univers qui revient souvent… mais comme c’est un sujet qui me passionne, je ne m’en plaindrai pas!!

 

Bien sûr, certains sujets sont plus hermétiques : je ne connais pas la moitié des auteurs que Boulet nous présente comme faisant partie de son cercle d’amis intimes, et je ne sais pas à quoi rime sa passion pour les pandas et les lémurs (ni si elle réfère à quelque chose en particulier !!)… Reste que j’ai passé de très bons moments en lisant certaines anecdotes… comme celui où il sert de modèle à un ami qui désire peindre des nus!!  

 

Bien sûr, je recommande ce bouquin aux mordus de BD, aux fans de Boulet et à tous ceux qui s’intéressent aux nouvelles tendances en matière de BD. Si vous préférez suivre au jour le jour les Notes de Boulet sur son blogue, plutôt que d’attendre les recueils, suivez ce charmant artiste directement à l’adresse suivante : http://www.bouletcorp.com.

 

 

 

Plus grandes forces de cette BD :

 

  • le titre. Quel amusant jeu de mots pour tous les paresseux sympathiques de ce monde!

 

  • la maquette de cette collection. Couverture souple à la texture soyeuse, format qui tient bien en main, belle épaisseur… C’est un bel objet, plaisant à utiliser.

 

  • la très grande variété de styles de dessin. Boulet profite manifestement de ce médium pour explorer tout plein de styles graphiques différents. Tantôt très caricatural et dépouillé, tantôt plus soutenu, parfois en couleurs, parfois en noir et blanc ou en «orange et brun»; avec des décors finement ciselés (informatisés?), comme lors du voyage en Corée, ou presque absents, avec des aplats monochromes. C’est très riche, disparate et très intéressant.

 

  • la très grande variété de thèmes. C’est ce qui est chouette avec les blogues : c’est toujours nouveau, on ne sait jamais, avant de tourner la page, si on va tomber sur une montée de lait à l’égard des services ferroviaires européens ou sur les déboires d’une séance de signatures. De plus, c’est toujours intrigant de se demander, comme pour toutes les œuvres d’autofiction, quelle est la part du vécu versus celle de l’exagération ou de la fabulation.

 

  • les passages narratifs, rajoutées dans «l’édition papier», pour «rabouter» les différents éléments du blogue. Cela crée des liens plus fluides entre certains thèmes et amène d’intéressantes précisions, comme quand Boulet réhabilite la Société nationale des Chemins de Fer ou quand il nous explique qu’il hésitait à publier son billet pour lequel il avait dessiné Jolly Jumper et Petit Tonnerre. Le traitement graphique qu’il fait de ces intermèdes (tout en noir avec seulement ses cheveux en orangé) est d’ailleurs un de ceux que je préfère parmi tous ceux auxquels il nous expose.

 

  • la deuxième moitié du tome. Il est clair que les premières pages correspondent aux premières armes de Boulet sur le Web, et on peut y déplorer certaines lacunes (voir ci-bas). Heureusement, il a su s’adapter. Tous ses billets deviennent plus aérés, exploitant des  thèmes plus courts, lorgnant presque, à certaines reprises, du côté du dessin d’humeur. D’ailleurs, on y retrouve plus des états d’esprit que des narrations soutenues : c’est beaucoup mieux!

 

  • certains running gags sont désopilants. Par exemple, le Parrain, où un vieux collectionneur de dédicaces pointilleux exige toujours plus lors des séances de signatures, «pour Louis», son neveu (Boulet s’y dessine avec des tronches incroyables) ou encore le Blob, où un chaudron contenant un restant de raclette est abandonné pendant plusieurs mois dans la cour arrière, le temps que son contenu prenne vie et attaque tout le voisinage! Très amusant! Et que dire des quelques épisodes où Boulet crée de toutes pièces des espèces de vidéoclips dessinés, alors qu’il ne fait que se mettre à danser ou à animer les objets et les gens qui l’entourent sur les paroles d’une chanson qu’il écoute au moment même où il dessine (Don’t worry, be happy, notamment!!). Serait-il à l’origine des premiers «lip dub bédéesques» ??

 

  • l’impression de s’immiscer dans la vie de l’illustrateur. Comme je le disais plus haut, la lecture de ces chroniques sur ses états d’âme nous rapproche énormément de l’individu, de son entourage, de ses proches. Par exemple, il nous décrit si bien sa chambre, espèce de nid en mansarde juché au sommet d’un escalier, que j’ai la stupide impression d’y être déjà allé!! C’est étrange et agréable, tout à la fois.

 

  • la consistance du tome. Évidemment, sur presque deux cents pages de chroniques, on ne trouve pas que du hilarant à se taper les cuisses! Mais sur un aussi vaste échantillonnage, le pourcentage de trucs dignes d’intérêt est plus que respectable.

 

 

 

Ce qui m’a le plus agacé :

 

  • l’absence de pagination. Sur tant de pages, il est très difficile de se référer, surtout que la plupart des billets sont sans titre. Je peux donc difficilement vous indiquer des exemples avec précision… Mille excuses, mais je n’y suis pour rien! Sans tomber dans l’élaboration d’une table des matières détaillée, il me semble qu’une simple pagination aurait été de bon aloi!

 

  • le format trop petit et les longueurs des premières pages. Dans toute la première moitié du bouquin, qui correspond évidemment aux premiers pas de Boulet sur le web, notre ami semble affectionner particulièrement le format «gaufrier», à raison de douze cases identiques par planche. Si cela peut toujours passer pour ce qui est des douze dessins correspondants, c’est toute une autre paire de manches pour ce qui est des textes qui sont souvent si coincés dans leurs petits phylactères qu’ils en deviennent illisibles, même à la loupe! De plus, ces gaufriers servent généralement à narrer de longues péripéties, lors des salons en Suisse, en Corée ou à Solliès, par exemple. C’est un peu lourd, parfois assez hermétiques ou un peu étiré (comme l’épopée dans les trains). Évidemment, il fallait s’y attendre, vu l’étendu du spectre thématique. Disons que je me suis repris en riant doublement aux thèmes qui me touchaient plus!!

 

  • les colorations trop sombres (surtout dans le premier tiers – le voyage en Corée, notamment), qui rendent parfois certains récitatifs totalement illisibles.

 

  • un renvoi en bas de page, via un astérisque… sans son explication au bas de la page! Ça manque un peu de rigueur. Heureusement, on parvient à comprendre, par le contexte et grâce aux pages suivantes, ce qu’est le soju.


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Il est vrai que de tenir un tel blog EN PLUS que de faire progresser deux ou trois séries, comme c'est le cas pour Boulet, ça doit être assez malade!! Il faut vraiment qu'il en mange quatre ou cinq fois par jour, du dessin, le pauvre homme (ou l'heureux homme, c'est selon!!).
Merci pour la gentille remarque: si on se fie aux statistiques de fréquentation du Pigeonographe et à sa belle croissance, tout l'univers de la BD me lira d'ici... vingt-cinq à trente ans: je serai fin prêt!!
Rédigé par PG Luneau le mercredi 02 décembre 2009 à 22:31


Ah bien là, comme toi j'ai beaucoup apprécié ces envolées bloguesques de Boulet. Je l'ai trouvé d'une infini générosité envers nous, ses lecteurs, et aussi envers la bd à laquelle il ne serait certainement pas exagéré de prétendre qu'il se voue corps et âme. Moi, qu'on me le pardonne, j'ai un faible marqué pour les férus du détail. Alors, PG, je ne saurais te contredire sur le fond de ta critique et, ma foi, tes agacements me semblent plutôt justifiés. Vivement que tu sois lu par l'univers bd tout entier !
Rédigé par Marsi le mercredi 02 décembre 2009 à 20:36




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