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#04- Captives à bord
#04- CAPTIVES À BORD
Scénariste(s) : Patrice PELLERIN
Dessinateur(s) : Patrice PELLERIN
Éditions : Dupuis
Collection : Repérages
Série : Épervier
Année : 1999     Nb. pages : 48
Style(s) narratif(s) : Récit à suivre (4/6)
Genre(s) : Aventure de pirates / de cape et d'épée
Appréciation : 5 / 6
Une traversée mouvementée sur fond d'interlude policier
Écrit le samedi 21 novembre 2009 par PG Luneau

Ce quatrième tome des aventures du chevalier de Kermeur est des plus enlevants!! En effet, comme on l’a appris à la fin du tome précédent, celui qui se fait appeler l’Épervier (pour des raisons encore inconnues) se lance en mer, à la poursuite de ses accusateurs qui se sont emparés de son trois-mâts et de son équipage. Notre héros tente, tant bien que mal, de les rattraper à bord d’un navire volé, mais la course-poursuite s’avère pas mal plus mouvementée que prévue!

 

Il n’y a pas que l’Épervier qui se retrouve dans son élément : Patrice Pellerin aussi! Dans ce tome, la splendeur du graphisme de cet illustrateur est mise en évidence. La mer est belle, qu’elle soit calme ou en furie, et les navires sont somptueusement  reproduits avec une fidélité presque photographique : les pages de garde en sont un bel exemple! Et malgré le fait que presque tout l’album se trouve à être un huis-clos à bord de la Pomone, l’artiste parvient à ce qu’on l’oublie tant les plans et les angles de vue sont variés.

 

Sur le plan de récit, maintenant, nous ne sommes pas en reste : qu’est-ce qu’il s’en passe, des choses, lors de cette traversée!! Pour commencer, une halte à La Rochelle, où notre héros démontre sa grandeur d’âme en débarquant d’abord les jeunes condamnées à l’exil (qui étaient prisonnières du vaisseau volé), puis en sauvant une vieille Rochelaise d’une attaque de brigands. Puis, s’ensuit la recherche de recrues pour remplacer les déserteurs. Ensuite, c’est le vrai grand départ…

 

Mais rien ne va : assauts mystérieux et disparitions de certains membres de l’équipage, découvertes de cadavres et tempête, rébellion et attaque de pirates, calme plat pénible et trahison… C’est presque une véritable enquête policière que Yann devra mettre en branle afin de découvrir le fin fond de tous ces mystères! Le tout avec, en contrepoint, quelques rares informations sur ce qui se passe chez leurs ennemis, apparemment loin en avant… Oui, franchement, on ne s’ennuie pas au cours de cette traversée de l’Atlantique. Même l’arrivée en Guyane s’avère des plus explosives!!

 

Que nous réservent les deux derniers tomes de ce cycle? Sûrement bien des recherches et des découvertes, dans la jungle guyanaise et sur la côte, mais assurément d’autres palpitantes péripéties abracadabrantes comme on les aime tant!! Du bon cru, de l’Aventure comme on l’aime : merci, monsieur Pellerin!

 

 

 

Plus grandes forces de cette BD :

 

  • la très belle illustration des pages de garde. On y voit un navire, toutes voiles gonflées… Superbe!

 

  • la carte montrant le trajet de la Pomone tout au long de sa traversée de l’Atlantique. Elle permet de nous situer et d’avoir une idée plus juste des distances et du temps qui s’écoule entre deux escales.

 

  • l’illustration de la hantise que la présence de femmes à bord pouvait engendrer aux yeux des marins. En effet, tout au long du récit, on sent bien que les hommes d’équipage, toujours superstitieux, hésitent entre la logique et les explications surnaturelles face à tous les malheurs qui leur tombent dessus. N’est-ce pas une punition divine pour avoir laissé de satanées femmes montées à bord? Ça illustre bien les troubles que causaient immanquablement les femmes à bord des navires, à cette époque. Et d’ailleurs, comme le fait si bien remarquer Pisse-Roide, «comment avoir l’esprit à la manœuvre avec ces jupons qui se balancent juste sous votre nez?»

 

  • la présence d’une intrigue policière. Bien qu’elle n’ait rien à voir avec le récit global (un lecteur qui passerait du tome #3 au tome #5 n’aurait très certainement rien perdu de l’histoire et s’y retrouverait sans doute très bien), cette partie du récit, qui aurait pu être morne et plate, est joliment dynamisée par les mystères et l’enquête qui s’ensuit. C’est une belle trouvaille scénaristique.

 

  • la grande variété de situations, qui rend dynamique et passionnante une traversée qui aurait facilement pu être ennuyante et statique. En effet, en rajoutant tempête, calme plat, attaque de pirates et escales diverses à l’enquête dont je parlais plus haut, monsieur Pellerin s’assurait de rendre cet album un des plus mouvementés de la série!

 

  • la grande beauté des paysages marins et des éléments déchaînés ainsi que l’infinie  précision de l’architecture navale. Tout le trait de Pellerin est transcendant!

 

  • l’ingénieux stratagème imaginé par l’Épervier pour se dégager de l’attaque des pirates. Je sens que nous reverrons ce personnage de Mahdi, à peine esquissé, avant longtemps : il semble en connaître beaucoup sur le passé de notre héros!

 

 

 

Ce qui m’a le plus agacé :

 

  • le changement dans le type de narration. Depuis trois tomes, on alterne toujours : deux ou trois planches avec Yann, deux ou trois autres avec de La Motte, puis deux ou trois avec Cha-ka ou avec la comtesse de Kermellec… Ici, après trois planches où l’on voit les agissements des ennemis de l’Épervier, qui lui ont volé son navire, on ne les revoit plus du tome, sinon pour quelques vignettes, narrées par un tiers. En soit, ce n’est pas mauvais : au contraire, ça crée le huis-clos nécessaire à cette intrigue à suspense… et ces ennemis demeurent le leitmotiv de notre héros, l’espèce de chimère qu’il poursuit et à laquelle il ne peut s’empêcher de penser. Leurs fantômes planent donc d’une certaine façon sur tout le récit. Mais quand même, leur absence relative ajoute à l’impression que ce tome est comme un aparté, un récit fermé qu’on pourrait sauter.

 

  • la coïncidence (encore une autre!!) de la rencontre entre Yann de Kermeur et la dame Beaulieu, à La Rochelle. La vraisemblance de cette rencontre est des plus ridicules. La Rochelle était quand même, déjà à l’époque, un port d’importance. Faire se croiser deux individus dans des conditions aussi exceptionnelles (l’un sauvant l’autre d’une attaque, mais le justicier ne reconnaissant pas tout de suite l’identité de celui qu’il sauve) est d’une grande maladresse, surtout que toute l’intrigue découle, finalement, de cette rencontre fortuite. C’est cousu de gros câble blanc, tout comme le fait que la mère Beaulieu ait le temps de mettre en place les éléments de sa vengeance en si peu de temps… C’est un peu décevant… mais encore une fois : que seraient les récits de piraterie sans le rocambolesque qui vient avec ?!

 

  • certains visages manquent de constance. Ça rend les personnages à qui ils appartiennent difficilement reconnaissables. C’est d’ailleurs un problème qui est récurent, d’un tome à un autre. Même les personnages secondaires sont parfois méconnaissables d’une vignette à l’autre : heureusement qu’ils portent toujours les mêmes habits et que le travail de coloriste est rigoureusement bien fait : les couleurs sont parfois nos seuls atouts pour identifier adéquatement un personnage!

 

  • la couleur de la mer, sur les dernières planches : Pellerin nous refait le coup de la mer jaune! Je suis très sceptique sur la vraisemblance d’une telle couleur dans l’océan et je trouve même ça carrément laid.


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