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#01- Luck
#01- LUCK
Scénariste(s) : Michel FALARDEAU
Dessinateur(s) : Michel FALARDEAU
Éditions : Dargaud
Collection : X
Série : Luck
Année : 2010     Nb. pages : 128
Style(s) narratif(s) : Roman graphique
Genre(s) : Quotidien, Récit psychologique, Humour
Appréciation : 4 / 6
«Unlucky» Luck!
Écrit le mardi 07 décembre 2010 par PG Luneau

Comment faire pour prendre sa vie en main quand on a 22 ans et qu’on s’emmerde depuis des lustres sur les bancs d’école? Luck en est là dans sa vie. Sa réelle passion? Faire des graffitis. Son rêve le plus cher? Trouver le courage d’aborder la belle Julie et de parvenir à articuler suffisamment de mots cohérents pour l’inviter à prendre un café. Son angoisse? Se transformer en statue de sel en tentant de réaliser son rêve le plus cher.

 

Vous l’aurez compris, Luck est un grand ado attardé qui vit une véritable crise existentielle. «Où vis-je, où vais-je, dans quel état j’erre?» serait un motto tout désigné pour cet éternel indécis. Il est blasé de ses cours en art graphique, ses amis et colocs ne croient pas vraiment en son potentiel, lui-même ne voit pas de déboucher professionnel possible… Et côté cœur, c’est la paralysie totale, malgré l’arrivée, dans sa vie, de la déroutante Gabrielle. Celle-ci, avec son désintéressement apparent et ses regards mystérieux, vient complètement chambouler la relation idéalisée qu’il entretient (mais de façon totalement fantasmée, puisqu’il ne lui a même jamais encore adressé la parole!!) avec Julie! Heureusement, il lui reste la dérision, dont il sait faire un très bon usage, au grand plaisir des lecteurs!

 

Ces 128 pages forment un bien bel album, très proche du roman graphique. J’ai bien aimé me plonger dans cet univers qui rappelle un peu, d’une certaine façon, les séries pour ados du genre Dawson creek ou les Frères Scott. Monsieur Falardeau a vraiment su dépeindre avec brio les tergiversations, les ambivalences, les questionnements et les déboires propres à cet âge difficile où un adolescent doit s’enligner. Aurait-il puisé son inspiration à même son propre parcours? On pourrait facilement le croire! En effet, un grand ado, étudiant en graphisme et toujours à dessiner des têtes de mort partout, ça semble étrangement «falardien» comme personnage!! Quel serait la part d’autobiographie dans Luck?? Seul son auteur le sait!

 

D’ailleurs, j’ai eu le bonheur de le rencontrer, ce Michel Falardeau, lors du dernier Salon du livre de Montréal. J’ai pu discuter avec lui et constater de sa gentillesse et de sa grande ouverture. Vous trouverez un résumé de cette agréable rencontre ici.

 

Et pour visiter son site et découvrir ses œuvres, passées ou à venir, cliquez ici.

 

À quand une suite pour ce pauvre Luck? À très bientôt, j’espère, car tous les jeunes adultes de nos polyvalentes, nos cégeps et vos lycées doivent l’attendre avec grand intérêt!

 

 

Plus grandes forces de cette BD :

 

  • le format, de type intermédiaire. Avec ses planches de 28 par 21 cm, cet album est dans une classe à part. Plus grand que les romans graphiques ou les petits albums pour enfants, mais plus petit que les albums BD standards, il devait, comme Michel me l’a conté au Salon du livre, faire partie d’une nouvelle collection de petits formats. Comme la collection ne verra pas le jour, finalement, Dargaud a opté pour ce format intermédiaire, facile à manier et offrant une meilleure vitrine pour les vignettes que le petit format originalement prévu. Malheureusement, il semblerait que cette formule soit fort peu avantageuse, monétairement parlant, et que l’éditeur risque fort de l’abandonner, si un autre tome devient envisageable. Dommage!

 

  • le dessin, beaucoup plus net que dans la première série de Falardeau, Mertownville. J’aime les silhouettes très élancées des personnages, tout en longueur. Toutes les vignettes semblent effilées, très verticales, ce qui donne un effet de grandeur, malgré la petitesse du format. Même les éléments de décor contribuent à «étirer» les cases! J’adore, par exemple, le poteau téléphonique de la page 6, avec toutes les agrafes qui y sont plantées! Ce sont de petits détails, mais ils ajoutent à l’esthétisme général de l’ensemble.

 

  • les nombreuses vignettes pleine page, qui servent de tampon. J’aime l’idée d’utiliser ce procédé pour assurer la transition entre deux scènes ou pour illustrer une ellipse temporelle, et monsieur Falardeau l’emploie fréquemment. Toutefois, j’aurais aimé voir une plus grande variété de thèmes : les vues sur les ruelles et les «spots à graffitis» finissent par être un peu monotones.

 

  • l’esprit «18-22 ans» très assumé. On se croirait vraiment en compagnie de jeunes adultes. Certains sont idéalistes ou insouciants, d’autres font plutôt grands ados attardés. Leur univers est vraiment bien rendu. Le premier appart’, en colocation, les gangs de sportifs, le besoin d’adrénaline que procure l’illégalité, les émois amoureux, les fantasmes… Tous les thèmes y passent, il ne manquait plus que le Kraft diner et les demandes d’argent aux parents pour que la liste soit complète. Ce sera peut-être pour le tome #2?!

 

  • la naïveté du héros. Quel être représentatif de son âge!! Indécis, un peu flan mou, lavette devant ses propres sentiments… Gaffeur et idéaliste (c’est ahurissant à quel point ses rêves sont remplis de rose bonbon!!), il est néanmoins conscient de son état… C’est d’ailleurs ce qui cause sa déprime! C’est que l’horloge tourne et, comme il se le dit lui-même, dès la page 4 : «Encore un an ou deux et tu vas passer de cool à loser!»

 

  • l’humour. J’adore quand le genre de narrateur externe s’adresse à Luck avec sarcasme (comme à la page 85). Ou, à la page 28, quand ce sont les différentes parties de son corps qui lui parlent, pour lui faire prendre conscience qu’il est en amour! En fait, on comprend qu’il s’agit de la petite voix interne du héros qui s’adresse à lui par le billet de ces éléments externes, pour lui fouetter les sens ou se foutre joyeusement de sa gueule… Et comme le héros n’aime pas ça, il répond (ou plutôt «se répond»)… mais en nous regardant droit dans les yeux, nous, lecteurs! C’est un procédé fort ingénieux et éminemment sympathique!

 

  • ma dédicace. Je sais, c’est un élément qui n’a pas vraiment rapport au livre, puisque votre exemplaire n’en aura pas (ou, du moins, pas la même), mais comme c’est ma critique, j’ai le droit d’y dire ce que je veux, lallère!! Michel m’a dessiné un beau Luck, en plan rapproché, qui laisse bien voir sa bague d’oreille et le double piercing qu’il a au sourcil gauche. Il a fait cette dédicace tout en subtilité, au crayon bleu, ce qui lui donne un côté tout diaphane. Merci encore, monsieur l’artiste!

 

  • mon ex-libris. Eh oui! Encore un truc que vous n’avez probablement pas et qui n’ajoute rien à votre lecture. Mais, pour moi, il me montre Luck dans une situation inédite, et ça contribue à me le rendre plus réel! Si vous voulez, vous aussi, recevoir cette illustration exclusive, rendez-vous à l’excellente librairie spécialisée Planète BD, qui l’a émise. Mais les quantités sont limitées!

 

 

Ce qui m’a le plus agacé :

 

  • l’absence de numérotation du tome et, par le fait même, de titre spécifique. Sera-ce un one shot ou le début d’une série? L’affaire est en plan, paraît-il. La décision sera tributaire des réactions que suscitera ce premier tome, à la discrétion des éditeurs. En fait, plusieurs éléments narratifs sont mis en place pour faire progresser le récit vers une suite. Mais c’est suffisamment bien présenté pour que l’on puisse quand même s’imaginer notre propre suite, advenant le cas qu’il n’y en ait pas de réelle.

 

  • les affiches illisibles qui parsèment les décors de monsieur Falardeau. Comprenez-moi bien : la calligraphie de l’auteur est très lisible… tant qu’elle reste dans les phylactères ou les encadrés narratifs. Ailleurs, on jurerait que Falardeau fait exprès pour la rendre la plus illisible possible !! Un peu partout dans les décors, on retrouve des pancartes, des panneaux publicitaires, des affichettes et des posters… mais il faut un doctorat de pharmacien pour déchiffrer les mots qui y apparaissent!! Dès la première planche, on retrouve pas moins de quatre de ces affiches : si l’on parvient très difficilement à lire «Dark Night» sur l’une et «Spécial» sur une autre, les deux dernières sont tout à fait indécodables. C’est frustrant!!

 

  • la majorité des insertions faites à l’ordinateur manque grandement de subtilité. Peut-être pour remédier à la surabondance de calligraphie illisible dont je parlais au boulet précédent, l’auteur utilise parfois des polices de caractères prédéfinies et standardisées. De plus, il emploie aussi des images informatisées pour composer certains éléments de décor (posters, tableaux…). Tous ces inserts, très léchés et parfaits, détonnent parmi les traits vifs et relativement anguleux de Falardeau. Le contraste est trop grand et crée une dichotomie qui m’a agacé. Par exemple, on peut constater ces phénomènes à la page 20 (où toutes les affiches qui décorent le salon de l’appartement de Luck ont été plaquées là par un ordinateur), à la page 27 (toutes les petites annonces du babillard en sont autant d’exemples) et aux pages 26 et 41 (à chaque fois qu’on voit le panneau avec le nom du collège, en somme) !

 

  • un dialogue incompréhensible. À la page 63, quand Marianne Cadieux parle au téléphone avec un correspondant X, je n’arrive pas à comprendre le sens de ce qui est dit dans le troisième strip! On manque de référent pour comprendre à qui elle parle (un homme? une femme?), et qui traite qui de vieille branchée. D’autant plus qu’on ne sait pas avec certitude s’il s’agit d’une vraie scène ou si ce n’est que l’imaginaire de Luck!

 

  • le grand nombre de rêves ou de visions suggestives. C’est sympathique et habituellement bien rendu, de manière à ce qu’on comprenne bien qu’on est dans l’imaginaire de Luck, mais parfois (comme pour le boulet précédent), ce n’est pas clair! Ça peut donc devenir difficile à suivre, par moment.

 


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@ Venise: C'est sûr que la rencontre privilégiée que j'ai eu la chance d'avoir avec l'auteur teinte ma critique. Comme je sais que je vais la lui faire parvenir, j'essaie d'être le plus juste, précis et pertinent possible dans mes commentaires... Tu me diras que c'est ce que je fais toujours, et tu auras bien raison! ;-) Mais peut-être que je porte une attention encore plus particulière à mes formulations, maintenant que j'ai fait comme le renard avec le Petit Prince. Si «apprivoiser», ça veut dire «créer des liens», je suppose que «créer des liens» veut aussi dire «apprivoiser»!! Et quand on doit critiquer quelqu'un qu'on a déjà apprivoisé, on préfère faire attention à notre façon de dire les choses! D'où la rigueur excessive de cette critique-ci. Voilà.
Si tu veux le lire, fais-moi signe: je te le prête sans problème!
Rédigé par PG Luneau le jeudi 09 décembre 2010 à 18:18


Oh là là, que c'est détaillé !! On voit tout de suite que tu as été allumé de rencontrer l'auteur que tu appelles même "Michel" à un certain moment ! C'est du vrai de vrai là.

J'espère qu'il va y avoir un deuxième tome, l'album le mérite si je me fie à toi et au look esthétique. J'aime beaucoup le format aussi. L'intérieur serait aussi attrayant que l'intérieur : Tigidou !

À voir et à lire.
Rédigé par Venise le mercredi 08 décembre 2010 à 13:05




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