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#03- Ciseaux
#03- CISEAUX
Scénariste(s) : José ROBLEDO
Dessinateur(s) : Marcial TOLEDANO
Éditions : Dargaud
Collection : X
Série : Ken games
Année : 2010     Nb. pages : 54
Style(s) narratif(s) : Récit à suivre (3/3)
Genre(s) : Récit psychologique, Thriller, Drame sportif
Appréciation : 3.5 / 6
les Jeux sont faits, rien ne va plus...
Écrit le dimanche 19 février 2012 par PG Luneau

Pierre, Feuille, Ciseaux, l’équivalent français de notre Roche, Papier, Ciseaux… Après l’album sur Pierre, le boxeur matheux, puis celui sur le champion de poker Feuille (Thierry-Jean Feuille, de son nom complet… aussi ridicule que ce patronyme puisse paraître!), nous voici maintenant rendus à la conclusion de ce palpitant récit, où l’on entre plus à fond dans l’univers d’Anne Parilou (décidément, ces noms de famille : grrr!!). La couverture, très belle, parée dans ses teintes de bleus, nous présente d’emblée la prétendue institutrice sous son véritable jour : une tueuse à gages froide et méticuleuse, une «snipeuse» d’une effroyable efficacité, au nom de code un peu surprenant : Ciseaux!

 

Alors que Pierre poursuit sa glorieuse montée dans le monde de la boxe professionnelle, se rapprochant toujours plus d’un match de championnat contre son rival mais néanmoins grand copain Rachid Coligny, le poulain d’un important mafieux local surnommé le Chef, TJ plonge pour sa part dans une dangereuse dépression! On se souviendra en effet qu’à la fin du tome #2, le pauvre découvrait la véritable profession de sa petite amie, la douce Anne, au moment même où il allait la demander en mariage! Il faut avouer que ça ne doit pas être évident de se retrouver avec le cadavre d’un mastodonte dans son salon, surtout quand c’est sa propre fiancée qui l’a descendu devant soi!! On serait perturbé à moins! Le pauvre vit donc une véritable descente aux enfers… Qu’en serait-il s’il apprenait, en plus, que sa douce Anne a, tout récemment, et de manière tout à fait fortuite, eu une aventure avec Pierre, son meilleur pote?!!

 

Parlant d’Anne, justement, elle se retrouve avec une nouvelle «cible» à éliminer, une nouvelle commande de son «patron», le fameux Chef… Un contrat qui placera la jolie poupée face à un dilemme qui la taraudera tout du long de l’album… En l’absence de TJ et de son beau Bruno, son comparse dans le crime depuis toujours, comment cette femme aux émotions enfouies si profondément parviendra-t-elle à s’acquitter de sa tâche sans y perdre au change??

 

C’est à une conclusion mouvementée mais tout de même emplie d’intéressantes réflexions philosophiques que nous convient Robledo et Toledano avec cette finale de Ken games. Sous un visuel léché au maximum, avec une intelligence dangereusement efficace, tant l’auteur que l’illustrateur nous entraînent dans un monde interlope de haut niveau, tout en nous exposant les motivations qui peuvent pousser des gens en apparence normaux à suivre des avenues si effroyablement dangereuses! Si le tout peut paraître assez improbable, ce ne l’est pas moins que tous les films d’action de Stallone, Willis ou Diesel!  Si on prend le partie de se laisser glisser dans cet univers d’adrénaline et de testostérone, au côté de cette petite punaise de femme, on ne peut qu’apprécier cet album, et cette série, d’une qualité vraiment exceptionnelle. Je n’y ai peut-être pas tout compris, mais l’action trépidante était au rendez-vous, et j’ai passé un très bon moment à essayer de replacer toutes les pièces de ce superbe puzzle, savamment et intelligemment mélangées… pour notre grand bonheur!

 

 

Plus grandes forces de cette BD :

 

  • une construction scénaristique minutieuse. On peut passer beaucoup de temps à analyser les tonnes de petits détails mis en place par les deux auteurs, et force est de réaliser à quel point l’intrigue est aussi soigneusement tramée que les dessins sont léchés! Du grand art!! Maintenant, reste à savoir si je suis assez vif d’esprit pour tout comprendre… Ça, j’en suis moins sûr! (voir plus bas)

 

  • le dessin. Comme pour ses deux comparses dans leur tome respectif, Anne se voit attribuer un effet de transparence. Dans son cas, c’est celui d’entrevoir les fantômes de ses anciennes victimes… ou ceux des gens qu’elle considère comme telles! J’avoue que je n’ai pas toujours compris la symbolique de tout ça, mais c’est visuellement très intéressant et bien réussi. Comme tout le reste, toujours aussi parfait. Sur le plan des détails, j’ai beaucoup aimé reconnaître les couvertures des Black Sad et des Jazz Ménard qui ornent la devanture de la maison d’éditions, à la p.14… Mais j’avoue avoir été ici dans le très pointilleux : sans ma loupe, je n’aurais pas pu confirmer que c’était bien ces séries!

 

  • la belle amitié entre Pierre, Rachid et sa famille. Débutée à la fin du dernier tome, avec une surprenante petite touche d’émotion, elle s’étale ici avec plus de force, et ajoute une forme de tension dramatique. J’ai beaucoup été touché par cette relation qui démontre qu’on peut être rivaux tout en développant un respect mutuel ou même une réelle amitié! Dommage que la finale délaisse un peu trop cet aspect. (voir plus bas)

 

  • l’intelligence qui transpire des mises en page visuelles! La photo à l’extrémité du babillard d’Anne, à la p.4 qui devient la photo que tient la Chef, dans la 5e vignette de cette même page, le double damier des p.8 et 9, ou le slalom de TJ, sur la case qui traverse les p.10 et 11 sur toute leur largeur… Toutes ces constructions de planche sont  brillantes et savamment conçues, en plus d’ajouter une touche de raffinement au produit final.

 

  • les codes, assez clairs et bien établis, qui nous permettent de comprendre qui parle. Souvent, les locuteurs ne sont pas visibles dans la vignette, ou ne sont carrément pas du tout dans la scène, comme si on les entendait en voix-off par-dessus l’image… Ça demande une certaine concentration (on n’est pas dans un roman Arlequin!), mais on finit par comprendre ces codes (phylactères sans appendice, encadré narratif sur fond bleu…)

 

  • la révélation de l’origine du surnom de la petite Anne… avec, pour le même prix, une explication de son étrange choix de carrière! Ces scènes sur sa jeunesse, en flash-back, ajoutent beaucoup de crédibilité au personnage et au récit. Elles m’ont beaucoup plu.

 

 

Ce qui m’a le plus agacé :

 

  • un ton un peu philosophico-pompeux. Les dilemmes et déboires internes des personnages, toujours intenses et profonds, sonnent parfois un peu lourd, au bout du compte. Je comprends qu’ils visent à créer les climats et à expliquer leur dérive, mais ils alourdissent aussi la lecture. Vous, lecteurs qui cherchez la légèreté, cherchez-la ailleurs! Ici, je l’ai déjà dit, on fait dans l’assez massif sur le plan des réflexions existentielles! J’ai lu et relu six ou sept fois la phrase d’ouverture, «Nous ne projetons que ce que nous voulons voir.», avant d’en saisir minimalement un sens… qui ne me satisfait pas du tout, obnubilé que je suis par cette autre phrase (plus logique selon moi) : «Nous ne projetons que ce que nous voulons montrer.» J’ai même longtemps pensé qu’il s’agissait d’un caprice de traduction. Ce récit a originalement été écrit en italien, après tout!!?

 

  • la multitude de langues sur les post-it du babillard d’Anne. Il y en a en français, en anglais, en italien, puis plusieurs en genre de codes. Peut-être ce multilinguisme reflète-t-il une réalité européenne que j’ai peine à envisager, en tant que Nord-Américain? Par contre, j’avoue que d’apprendre qu’elle est d’origine américaine m’aide à accepter un peu mieux ce détail.

 

  • les liens avec les films de Paul Newman. Tout au long des trois tomes, on pouvait voir (et lire!) certains passages de divers films de Newman, et la dédicace de ce dernier tome précise effectivement que la série se veut un hommage à ce grand acteur. Malheureusement, n’étant pas très connaisseur de la filmographie du bonhomme, je n’ai pas pu apprécier les probables allusions ou les parallèles qu’on doit pouvoir y voir… Je le regrette beaucoup!

 

  • une faute de structure dans le billet qui brûle, à la page 19. J’avoue qu’ici encore, je fais dans le pointillisme à outrance… Sans ma loupe, je ne l’aurais jamais remarquée… mais comme je l’avais sous la main…

 

  • la famille du boxeur Coligny, qu’on laisse en plan. Pierre s’est beaucoup rapproché de l’épouse et du fils de son rival. Après avoir tant insisté sur leur relation d’amitié, comment se fait-il qu’on passe si rapidement sur les réactions émotives de notre gigantesque ami, ou sur celles de madame Coligny, en fin d’album?? On n’a droit, brièvement, qu’à celles du fils, qui voit maintenant rouge! J’aurais aimé voir cet aspect du récit développé de manière plus satisfaisante.

 

  • certains éléments qui me sont restés hermétiques. Principalement ceux en lien avec la mère d’Anne. Quel est son rôle dans toute cette histoire? Pourquoi Anne termine-t-elle en disant : «C’est la moindre des choses, après le pétrin dans lequel elle nous a fourrés.»? À quoi fait-elle allusion? Je ne comprends plus trop.

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@ Arsenul : Je ne savais pas que cette série avait eu mauvaise presse!?? C'est pourtant, comme tu dis, un duo efficace, et je suis sûr qu'on le retrouvera sur de superbes projets!
Rédigé par PG Luneau le dimanche 19 février 2012 à 23:45


Très juste ce billet! J'ai lu d'horrible chose sur cette trilogie et ça me peinait parce que moi j'aime beaucoup ce nouveau duo de Bédéiste. J'Ai aussi beaucoup aimé le découpage et le dessin incroyable. Vois-tu je ne savais pas pour Newman...
Rédigé par Arsenul le dimanche 19 février 2012 à 21:38




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