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#2,5 - En vacances!
#2,5 - EN VACANCES!
Scénariste(s) : Michel LACOMBE, Yanick CHAMPOUX, Benoît GODBOUT
Dessinateur(s) : Benoît GODBOUT, Sylvain LAVOIE, Eve BOLT, Yanick PAQUETTE, Olivier MIGNERON, André SÉGUIN, Marie-Émilie ROWE, Michel LACOMBE
Éditions : les 400 coups
Collection : Rotor
Série : Académie des Chasseurs de Primes
Année : 2011     Nb. pages : 72
Style(s) narratif(s) : Courts récits (Inspiration comics)
Genre(s) : S.F. humoristique
Appréciation : 4.5 / 6
Mijoté d'extrêmes à la sauce S.F. : à découvrir!
Écrit le vendredi 07 octobre 2011 par PG Luneau

Qui a dit que les vacances, c’était fait pour se reposer? Certainement pas Gaël Dragonspit, de l’Académie des chasseurs de primes! Ce casse-cou, premier de sa promotion, préfère profiter du congé de la fête de l’Hégémonie harmonieuse pour non pas faire du «sport» extrême, mais bien pour faire du «sport extrême» extrême!!

 

Et c’est quoi, du sport extrême extrême? Ça peut être aussi simple que du surf sur de la lave en fusion ou qu’une partie de golf sur la planète Morvak-13… là où les trous à atteindre se trouvent entre trois volcans en éruption, dans une grotte de 800 mètres de profondeur ou dans le nid d’un kraken des volcans, genre de gigantesque dragon tentaculaire enragé! Rien de moins!

 

Pour leur part, les autres élèves de l’Académie ont opté pour des activités plus tranquilles, comme de retourner voir leurs parents… même si, dans certains cas, cette simple visite peut s’avérer aussi rock and roll que les krakens de Morvak-13!!! Heureusement, ils se sont tous octroyés une pause à la plage, l’endroit idéal pour échanger sur leur passé ou leurs exploits des dernières heures. Car si on peut sortir le chasseur de primes de son académie, on peut difficilement sortir l’Académie de ces chasseurs de primes! Ainsi, malgré le fait que tous ne soient encore qu’apprentis et qu’ils ne détiennent pas encore le permis officiel, ces jeunes aventuriers dynamiques restent à l’affût et parviennent, même en vacances, à débusquer les criminels, peu importe qu’ils se cachent dans les parcs d’attractions, dans les discothèques à la mode ou, pire, qu’ils rodent autour de leurs petites sœurs! La relâche forcée de la semaine de  l’Hégémonie harmonieuse n’aura jamais été si peu reposante, finalement!!

 

En voyant la numérotation toute particulière de ce tome, on comprend tout de suite qu’on est en présence d’un album bien spécial! Ainsi, ce tome #2,5 se veut un pont entre les tomes #2 et 3 réguliers, et plutôt qu’un long récit, les deux auteurs (et demi!) habituels (l’illustrateur Godbout contribue surtout aux scénarii en lançant quelques idées ou en appliquant son droit de véto sur les propositions des deux autres) ont décidé de faire «chambre à part» et d’offrir un recueil de mini-récits qui s’enchaînent, mini-récits au cours desquels on suit l’un ou l’autre des principaux personnages pendant la semaine de congé qui leur est allouée! C’est chouette car toutes ces historiettes nous permettent bien évidemment de découvrir de nouvelles facettes de chacun d’eux. Elles sont souvent en lien avec les événements des premiers tomes ou en mettent en place de nouveaux, qui seront développés dans les tomes réguliers à venir! Certaines font donc office d’amuse-gueule assez alléchants!

 

De plus, cette séparation des tâches nous permet de constater la frappante distinction de styles entre les scénarii de Yanick Champoux, beaucoup plus légers, humoristiques, cocasses… mais peut-être un peu futiles, et ceux de Michel Lacombe, plus intenses, plus sombres et plus dramatiques, frôlant parfois l’austérité. Cette révélation nous montre à quel point leur complémentarité, dans les tomes réguliers, est un atout merveilleux, puisque leur travail conjoint permet qu’ils se retrouvent à mi-chemin entre l’humour et le drame, dans un registre qui vient plus me parler et qui trouvait son paroxysme dans le bel équilibre du deuxième album

 

Exercice de style dans le fond, ce tome se veut aussi conceptuel dans la forme, sur le plan visuel. En effet, peut-être pour libérer un peu sieur Godbout (afin qu’il puisse travailler sur ses projets d’animation tout en gardant un rythme de parution intéressant?), ou peut-être simplement pour donner la chance à leurs amis d’avoir une visibilité plus grande, ce tome se veut un album collectif! L’excellent Godbout n’a dessiné que trois des onze récits (soit 16 planches sur les 72), en plus de faire la couverture! Les autres «chapitres», de deux à dix planches chacun, sont l’œuvre de collègues des auteurs, issus des milieux de l’animation, de l’illustration ou de la BD. Il s’agit de Sylvain Lavoie, Eve Bolt, Yanick Paquette, Olivier Migneron, André Séguin et Marie-Émilie Rowe, ainsi que de Michel Lacombe lui-même, qui s’est laissé aller à illustrer deux de ses scénarii (pour un total de 18 planches!)!

 

Cette approche nous donne donc droit à un enchaînement de styles éclectiques allant de l’amusant cartoon burlesque (dans les cas de Lavoie et de Séguin) au dessin plus sévère de comic books (pour les planches de Lacombe et de Paquette), en passant par des traits de mademoiselle Bolt, d’inspiration manga.

 

J’avoue que, tout comme pour les scénarii, c’est un peu particulier de retrouver ces extrêmes les uns à la suite des autres. Le «style Lacombe» est plus anguleux, plus sombre… On le constate même à ses choix de couleurs moins percutantes… Personnellement, c’est un style qui m’emballe moins, de prime abord… Par exemple, je n’accroche pas à sa version de Salomé, à qui il donne un visage beaucoup plus étriqué (comparez la Salomé de la page 32 à celle de la couverture, par exemple!). Toutefois, je dois avouer que ce graphisme colle bien aux ambiances plus austères qu’il instaure, surtout pour le passage qui se déroule dans l’entourage de la famille de Jahmal ou celui avec les créatures vampiriques!

 

Sur le plan de la langue, j’aurais pu vous faire part, encore une fois, d’un petit agacement face à l’utilisation du joual dans certains passages de cet album, tout comme je l’ai fait dans mes critiques des deux premiers tomes. Mais ce serait inutile, d’autant plus que… j’avais été prévenu!! En effet, monsieur Lacombe a tenu, via courriel, à me spécifier qu’il utilise ce langage sciemment, surtout dans le cas de Jahmal Ïenne et de sa famille, et qu’il n’y voit rien de répréhensible. J’avoue : un auteur est tout à fait en droit de vouloir donner une coloration spéciale à chacun de ses personnages (c’est d’ailleurs ce qu’on attend de lui!!), et le fait de le faire par le biais de leur langue est fort judicieux. Les expressions toujours fleuries et ultrahyperbranchées de Valentin en sont de bons exemples, et je les adore!! Je dois avouer bien humblement que je n’avais pas remarqué, lors de ma lecture des premiers tomes, que ce langage était principalement attribué à Jahmal. J’avais l’impression que le joual était un peu omniprésent et je trouvais étrange de voir tant de gens parler «québécois», surtout dans un univers intergalactique, donc plus standardisé. J’avais l’impression qu’on voulait me faire croire que le joual avait fait sa place dans l’univers… et je n’y croyais pas une seconde! Dans ce tome #2,5, j’ai plutôt apprécié le fait que le joual soit concentré au passage se déroulant chez la famille Ïenne, dans un milieu socio-économique particulier. Ainsi mis en contexte, j’ai trouvé cet usage de l’oral québécois tout à fait acceptable, parce que justifié! Il m’est apparu normal dans la bouche de cette famille, et malgré l’avertissement que monsieur Lacombe m’avait fait dans son courriel («Je crains que tu souffres longuement dans le tome #2,5, sur la planète de Jahmal en particulier…»), ma lecture n’en a pas du tout été affectée, surtout que les auteurs n’en ont pas abusé.

 

Pour conclure, je me dois de préciser que, de manière générale, j’ai préféré le long récit du tome #2 à ces courts récits, et il me tarde de lire le tome #3, qui devrait être plus «traditionnel» (son scénario est déjà fini, d’ailleurs, dixit monsieur Lacombe lui-même, au ComicCon de Montréal, il y a deux semaines!!). Je donnerais donc un 4 à cet opus-ci, mais j’ajoute un +0,5 pour mon attachement à cette bande de joyeux lurons (Comme je vous l’ai déjà dit dans ma critique du tome #2, j’ai un faible pour les séries qui se déroulent dans un contexte «scolaire»!!). Merci néanmoins aux trois créateurs d’avoir eu la grande générosité de mettre leurs confrères sur la sellette, et de nous permettre de constater, une fois de plus, l’ampleur du talent qui sévit, trop souvent discrètement, dans notre Belle Province!

 

 

Plus grandes forces de cette BD :

 

  • la superbe couverture, avec tous les copains (et certains de leurs proches) en maillot sur la plage. Le choix de l’aqua, comme couleur d’accompagnement (pour le quatrième de couverture et le titre), contribue à nous entraîner dans les vagues d’un océan paradisiaque… et va bien rechercher la couleur de la cuve de Kaede, la mystérieuse nouvelle élève de l’Académie (et, accessoirement, la petite amie de Set… Enfin,,, peut-être pas si accessoirement que ça, finalement!!).

 

  • la grande variété des styles de dessin présentés. J’aime beaucoup le graphisme de Sylvain Lavoie, très très cartoonesque, vraiment proche de Bugs Bunny et des Looney Tunes. Ça fait toutefois étrange de le retrouver ici, entre des chapitres plus classiques! Mon réel coup de cœur va pour Olivier Migneron, qui parvient vraiment à faire sien le style de Ben Godbout, mais en l’affinant subtilement, et en y ajoutant une belle petite touche «disneyenne» dans les yeux, ce qui le magnifie encore plus! J’avais l’impression, par moment, en lisant ses pages, que j’avais un album de Tessa, agent intergalactique dans les mains! Bien sûr, j’admire encore tout autant les dessins de Benoît, mais je suis soulagé de constater qu’il y aurait une relève plus qu’intéressante, advenant un problème de productivité!! Vivement une autre production de monsieur Migneron!

 

  • les couleurs de Godbout, de Migneron et du duo Alejandra Arganaraz / Valérie Fontaine (qui a coloré le récit dessiné par Sylvain Lavoie). La juxtaposition de ces différents styles me permet de confirmer que j’ai, indéniablement, une préférence pour les couleurs vives!

 

  • l’excellence des mises en page de tout ce beau monde. Vraiment, chapeau! Chacun des participants démontre un talent indéniable à disposer ses dessins dans sa page de manière à la rendre dynamique, vivante et clairement lisible. Bravo à toute l’équipe!

 

  • le chapitre où Placide se dévoile… très touchant! C’est, et de loin, le moment fort de tout l’album, à mettre en lien avec le petit aparté de quatre planches qui nous présente l’accident de la belle Kaede. J’ai très hâte de lire les implications de ces deux chapitres sur les relations futures entre Set, le maître de combat de l’Académie, et Placide, un de mes petits chouchous. Avec ce filon, Lacombe frappe magistralement! Bravo! Et quel hasard que j’aie demandé à Benoît de me dessiner Placide, justement, en dédicace de cet album, et ce, sans savoir qu’un chapitre-pivot était consacré à son histoire personnelle!!

 

 

Ce qui m’a le plus agacé :

 

  • l’inégalité dans l’intérêt des récits. Il va évidemment un peu plus de soi, dans un collectif, que certains éléments nous transportent plus que d’autres. Mais après un récit aussi bien dosé que celui du tome #2, j’ai moins aimé de me retrouver à devoir alterner entre des récits amusants mais plutôt vains, puis d’autres un peu trop rudes ou violents. J’ose espérer que le tome #3 nous ramènera au bel équilibre qui m’a tant plu dans le tome #2.

 

  • un style de dessin qui ne m’a pas rejoint. Aucun des styles ne m’a complètement déçu, pas même celui plus sévère (plus adulte, peut-être?) de Michel Lacombe. Par contre, les deux planches de Marie-Émilie Rowe ne m’ont pas du tout accroché. Sa représentation du Scouine, la créature diablotine qui sert de mascotte à l’Académie, ressemble tellement à un simple gros chat que je ne l’ai identifié qu’une fois ma lecture de l’épisode terminé, pendant que je m’interrogeais sur son sens! Sa coloration plus estompée et ses traits enfantins sont ce qui m’a laissé le plus de marbre dans tout ce collectif.

 


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@ Allie : Je te souhaite d'y faire de belles découvertes, tant au niveau des personnages (surtout si tu ne les connais pas!), qu'au niveau des créateurs qui nous y dévoilent leurs talents!
Rédigé par PG Luneau le samedi 15 octobre 2011 à 9:09


Eh bien ça m'a l'air "extrême" comme album! ;) Ça m'intéresse, c'est particulier. Je note!
Rédigé par Allie le jeudi 13 octobre 2011 à 7:50


J'irai voir le portfolio, tu imagines 10 pages c'est trop long...
Rédigé par Arsenul le samedi 08 octobre 2011 à 11:24


@ Arsenul : J'imagine mal comment tu peux te permettre de ne pas finir la lecture d'un récit qui ne te plait pas quand le plus long de la série ne fait que 10 planches!?!?! Moi, malgré que certains m'ont moins plu, je les ai tout de même complétés... et aucun ne m'a rebuté au point de ne pas vouloir en connaître la fin!
Je suis bien d'accord avec toi pour l'aspect découverte, et je le répète : c'est Olivier Migneron qui est ici ma Star d'un soir! Et pas que d'un soir, j'espère!! ;-) Son portfolio en ligne est aussi splendide. En voici l'adresse:
http://olivier-migneron.blogspot.com/
Rédigé par PG Luneau le samedi 08 octobre 2011 à 0:18


Je crois que je suis dans la même ambiance que toi pour ce livre, L,excitation du comic-con en moins... Je lis une histoire à la fois. Pour l'instant certaines m'ont plu, d'autres que je n'ai pas terminé faute d'intérêt. Mais le but premier d'un collectif selon moi c'est de faire découvrir de nouveaux artistes. Bon billet, toujours juste dans le ton.
Rédigé par Arsenul le vendredi 07 octobre 2011 à 19:57




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