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#01- Irréductibles ninjas
#01- IRRÉDUCTIBLES NINJAS
Scénariste(s) : Tony VALENTE
Dessinateur(s) : Tony VALENTE
Éditions : Soleil
Collection : Soleil levant
Série : Hana Attori
Année : 2008     Nb. pages : 48
Style(s) narratif(s) : Récit à suivre
Genre(s) : Fantastique médiéval nippon, Humour
Appréciation : 4.5 / 6
Un vrai manga européen
Écrit le lundi 02 août 2010 par PG Luneau

Hana Attori est une des plus jeunes élèves de l’école pour ninjas du village d’Iga. Très habile mais un peu indisciplinée, cette ado de quatorze ans ne respecte pas toujours les règlements de l’école et se met parfois les pieds dans les plats. C’est pourquoi ses maîtres lui imposent encore un chaperon en la personne de Goro, un jeune homme plus mature de trois ans son aîné. Ils finiront tous deux par développer une belle relation fraternelle, avec les chicanes et la complicité qui en découlent.

 

Il est vrai que notre jeune héroïne ne l’a pas eu facile : son père et sa sœur ont été massacrés par le grand seigneur Oda Nobunaga, un indétrônable tortionnaire. Comme Hana n’avait que quatre ans lors de son entrée à l’internat ninja, autant dire qu’elle ne connaît rien d’autre que son école, où elle vit en vase clos depuis dix ans.

 

Mais un jour, lors d’une des missions de routine qui servent d’exercice aux apprentis-ninjas, elle est confrontée à deux inquiétants sorciers, l’un spécialisé dans l’incantation de chiens des enfers et l’autre dans les armées de squelettes. Suite à un périlleux combat, Hana et Goro parviennent à leur échapper… mais apprennent également que ces deux dangereux adversaires sont au service du grand Oda, que Hana croyait mort depuis longtemps!!

 

Il n’en fallait pas plus pour donner un but concret à la jeune impulsive : éliminer cet odieux dictateur qui a anéanti sa famille et qui écrase toute l’île sous son joug. Mais comment affronter un maître aussi omnipotent quand on est seule et qu’on n’a que quatorze ans?

 

Encore plus que la très populaire série les Légendaires, Hana Attori est LE manga européen. Non seulement Tony Valente reprend-il les codes et le style graphique si caractéristiques de ces BD japonaises, mais il conserve les thèmes du genre et choisit de situer son récit dans un contexte de shoguns, de ninjas et de guerres de clans tout ce qu’il y a de plus nippon. Les coiffures de ses personnages et, surtout, les mimiques un peu burlesques qu’ils font lors des scènes comiques ne cessent de me rappeler les Mini-Fée et Candy de mon enfance.

 

Avec ses grands yeux expressifs, sa naïveté craquante et son émerveillement de tout, la charmante héroïne rappelle incontestablement la petite Heïdi, une dizaine d’années en plus. Si son complice Goro semble beaucoup plus fade à ses côtés (malgré ses airs d’Albator adolescent!), les personnages du magicien pleutre et du grand-père de Goro, qui embarqueront dans leur galère, sont pour leurs parts bien colorés.

 

Un tome d’introduction qui met la table de belle façon, avec un scénario et des dessins de grandes qualités et une coloration fabuleuse. Vivement qu’on ait plus de détails car, pour le moment, cette épopée pour toute la famille, à la David contre Goliath, suscite bien des questions… et des palpitations!

 

 

Plus grandes forces de cette BD :

 

  • la dizaine de plans généraux et de plans d’ensemble, sur une demi-planche, qui montrent les décors et situent les lieux. Valente y démontre un talent d’illustrateur hors-pair.

 

  • les très nombreuses touches d’humour. Elles parsèment l’album tout du long, parfois par les commentaires des personnages, souvent par des détails en arrière-plan. Les réactions des bandes de squelettes que lève Chokki, la dangereuse mais splendide sorcière (au nom si judicieusement choisi!), en sont de bons exemples.

 

  • le souci manifeste de rendre ce manga abordable. D’abord, l’album est en couleurs et il respecte le sens de lecture occidental. Puis, je suis étonné par la clarté relative des combats : on comprend qui frappe qui, et quels mouvements sont utilisés, ce qui est quasi impossible dans un véritable manga… Finalement, élément le plus essentiel, à mon avis, le scénario semble mener quelque part!! Il est vrai qu’il est encore beaucoup trop tôt pour crier victoire mais, jusqu’à présent, les personnages semblent avoir des motivations plus raffinées que de «vouloir tabasser tout le monde» ou «tabasser celui qui veut toujours tabasser tout le monde»… ou, si l’essentiel du récit tourne autour de ces extrêmes, il est raconté avec un certain style, en cherchant à respecter une certaine cohérence qui donne au tout une crédibilité une ou deux coches au-dessus de celle des mangas traditionnels «Pow pow! Bang boum!».

 

  • les couleurs, les reflets et les effets de lumière. Le tout est fait à l’ordinateur, manifestement, mais avec une telle virtuosité que c’en est sublime. Les ombrages de la forêt, dans les premières planches, les lumières nocturnes sur la ville, à la page 30, ou encore les portails et les créatures surnaturelles qui apparaissent de nuit, dans la forêt, à la page 38, sont de toutes beautés!

 

  • la grande minutie des dessins. Ils sont savamment léchés et d’une perfection technique impressionnante. J’avais déjà eu le bonheur d’apprécier le grand talent de Tony Valente dans la très bonne série les Quatre princes de Ganahan, il y a quelques années, et j’avais très hâte de voir une autre de ses œuvres. À ce propos, je vous conseille chaleureusement le site de monsieur Valente, pour y constater l’étendue de son talent et vous tenir au courant de ses projets en cours et à venir : http://valente.canalblog.com

 

  • l’inquiétant visage masqué du seigneur Oda Nobunaga. Il n’apparaît qu’une fois dans l’album, mais c’est suffisant pour ressentir la prestance qu’il dégage et la haine qui semble l’habiter. Ses yeux bleus, qui se perçoivent par les orifices de son masque, sont particulièrement inquiétants. La rumeur veut que ce soit peut-être un démon… Mon instinct m’a un temps porté à croire qu’il pourrait s’agir d’une femme, d’où le masque pour cacher sa véritable identité… Mais coup de théâtre! Après de petites recherches dans le Net, j’apprends avec stupeur que ce personnage a réellement existé dans ces années 1580!! L’auteur de la série utilise donc un contexte historique minimalement réel! Quelle agréable surprise!

 

  • les personnages, tous teintés d’humour. Ils ne se prennent pas au sérieux, et c’est ce qui fait le charme de la série. Leurs mimiques, quand ils ont peur ou qu’ils sont gênés, sont très drôles et me rappellent tant ces mêmes mimiques qu’il y avait dans les épisodes de Mini-Fée ou de Heïdi ! La palme revient surtout à Shifu, ce magicien incompétent, poltron et alcoolo que Hana et Goro intègrent, un peu par la force, à leur équipe : ce personnage n’a aucune qualité, sauf celle de faire rire en mangeant les coups! Sa fonction dans l’histoire est donc d’agir en tant qu’amusant punching-ball du groupe!

 

  • les clins d’œil à Astérix. D’abord le titre : Irréductible ninjas. Puis l’envolée lyrique de Fumio, le grand-père de Goro, qui y va d’une tirade quasi clichée, à la page 22 : «Nous sommes en 1580. Tout le centre du Japon est occupé par les troupes d’Oda… Tout le centre? Non… Un village peuplé d’irréductibles ninjas résiste encore et toujours à l’envahisseur.» Le tout renforcé, deux phylactères plus loin, par un très judicieux «Ils sont fous, ces ronins!». C’est fin, pertinent et amusant. Que demander de plus?

 

  • le double jeu du maître de l’internat des ninjas. La scène où ce vieillard sévère et intransigeant révèle ses vraies couleurs à Hana et Goro est palpitante, drôle et savamment bien construite… même si elle complexifie la logique du récit!

 

 

Ce qui m’a le plus agacé :

 

  • les effets de flou, en arrière-plan, lors des courses ou des mouvements brusques des protagonistes. De tout ce qui est fait à l’ordinateur, ces effets de délavés sont ce que j’aime le moins. En fait, je trouve bien dommage que l’auteur se sente obligé de les mettre pour rendre les mouvements de ses personnages plus crédibles : ce n’était pas nécessaire, surtout que ça fait en sorte que nous perdons une partie de ses beaux fonds de scène, qui deviennent illisibles!

 

  • certains exploits à la James Bond. Par exemple, j’ai bien de la difficulté à croire à la chute interminable de Hana, dans le ravin (p.8 et 9), avec son atterrissage sans une égratignure. Et que dire de la sorcière qui s’élance à sa poursuite en se jetant elle aussi dans le vide… mais qui «se projette en avant» dans sa chute, pour «tomber plus vite» et rattraper Hana qui tombe !!! Monsieur Valente n’a-t-il rien retenu de ses cours de physique, lors du chapitre sur la chute des corps?

 

  • les bosses qui poussent instantanément sur le crâne de Shifu le magicien… mais avec des pansements en croix dessus, pour bien nous faire comprendre que ces prunes font mal!! C’est cocasse, mais peut-être un tantinet enfantin, non?

 

  • certains aspects du scénario. Iga est la seule région où le méchant seigneur Oda n’a pas encore de prise. Probablement à cause de l’école de ninjas qui la «protège»… Pourtant, le grand maître de cet internat envoie des gens en mission à la demande d’Oda!… C’est déjà étrange. Mais il semblerait que ce même Oda commence à saboter secrètement les dites missions qu’il finance!? Là, ça devient confondant, surtout à ce point-ci, où il nous manque encore beaucoup de données. Serait-ce une façon machiavélique qu’Oda aurait trouvée pour avoir des récriminations contre l’école ninja et, ainsi, avoir des raisons de l’attaquer ou d’en prendre le contrôle? Peut-être, l’avenir nous éclairera sans doute.

 

  • l’impossibilité de la tâche à accomplir. Comment une fillette et ses trois amis (au potentiel, ma foi, assez limité!) pourront réussir à combattre un tel monstre et ses armées? J’ai un peu peur que les réponses qui seront amenées par le charmant Tony Valente me déçoivent. Mais qui vivra verra!

 

 


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@ Kikine: Mais IL FAUT que tu craques, c'est trop beau et bon pour qu'on puisse passer à côté!!
Rédigé par PG Luneau le samedi 21 août 2010 à 16:08


Tu vas encore réussir à me faire craquer ...
Rédigé par kikine le samedi 21 août 2010 à 15:19




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