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#29- Just a simple wedding
#29- JUST A SIMPLE WEDDING
Scénariste(s) : Lynn JOHNSON
Dessinateur(s) : Lynn JOHNSON
Éditions : Andrews McMeel Publ.
Collection : For Better or For Worse
Série : For Better or For Worse
Année : 2009     Nb. pages : 120
Style(s) narratif(s) : Strips et planches dominicales
Genre(s) : Quotidien, Humour tendre, Drame familial
Appréciation : 5.5 / 6
Adieu, les Patterson!
Écrit le mardi 21 juillet 2009 par PG Luneau

Voilà. C’est fini. Après 29 ans à publier, à chaque jour, une bande de trois ou quatre cases (paraissant dans plus de 2000 journaux partout dans le monde), Lynn Johnson accroche ses pinceaux. Le quotidien de la petite famille Patterson ne nous sera plus livré à chaque jour, par petites touches de bonheur, de doutes, de plaisirs…

 

For better or for worse est fort probablement une des seules BD anglaises que je vous présenterai dans ma lucarne… pour la simple et bonne raison que je n’en lis pour ainsi dire pas, mon anglais n’étant pas assez bon pour me permettre d’apprécier les subtilités et les jeux de mots de la langue de Shakespeare. Ma seule exception, la seule pour laquelle je suis prêt à faire l’effort de chercher lorsque je ne comprends pas, c’est cette série canadienne!

 

C’est vraiment par hasard, alors que j’étais en visite chez un ami, en Colombie-Britannique, que je suis tombé sur un recueil de strips illustrant les hauts et les bas de cette petite famille ontarienne, et je me suis surpris à m’attacher aux nombreux personnages qui la composent. Après deux ou trois albums, j’étais accro, au point d’aller quotidiennement lire le strip du jour sur le site officiel. Il n’y a pas à dire, après avoir vu évoluer une famille pendant presque trente ans, on ne peut faire autrement que de s’y attacher! Surtout une famille aussi proche de la mienne… et de la vôtre aussi, j’en suis sûr! C’est là toute la magie de l’affaire!

 

Johnson a su, pendant 29 ans, trouver les situations qui touchent tout le monde, à un moment ou à un autre de son existence. Surtout que la famille évoluait en temps réel, un autre des coups de génie de cette auteure : je crois d’ailleurs qu’elle a été l’une des premières dessinatrices de strips à faire vieillir ainsi ses personnages, en suivant le calendrier régulier, un an à la fois. On a donc connu ce couple dans sa jeune trentaine, pour les voir, au fil des décennies, passer le fameux cap de la quarantaine, puis assister aux angoisses de l’approche de la cinquantaine, etc.

 

En lisant le récit du quotidien de cette famille, on ne peut faire autrement que de se retrouver. Les chicanes entre Michael et sa sœur Elizabeth, ce sont celles que j’ai eu avec ma sœur; les fanfaronnades de Michael devenu ado, c’était mes rebuffades face à l’autorité; les problèmes de colocation que Michael a eu, lorsqu’il est parti étudier loin de chez lui, je les ai vécus lorsque je suis allé enseigner en Ontario; j’ai revécu la naissance de mon neveu à travers celle d’April, la troisième enfant d’Elly et John; et les sévères problèmes de santé de grand-papa Jim me rappellent amèrement ceux que vit mon propre père, actuellement.

 

Depuis 29 ans, donc, que Lynn Johnson fait vieillir Elly et John Patterson, leurs trois enfants et tous leurs proches. Le petit Michael, qu’on a connu alors qu’il avait cinq ans, s’est marié, et il a maintenant deux enfants!! Ce vingt-neuvième et dernier tome de la série se termine sur le mariage d’Elizabeth avec Anthony, un copain d’enfance qu’elle avait perdu de vue… la même Elizabeth qui était bébé au début de la série, et que son jeune frère a surnommée méchamment Lezard-breath (haleine de lézard!), tout au long de sa jeunesse!

 

Dans sa préface, madame Johnson explique qu’elle a maintenant bouclé la boucle : en effet, les deux jeunes enfants de Michael ont atteint l’âge que sa sœur et lui avait, au début de la série, il y a 29 ans. Le passage d’une génération à l’autre, le «cycle de la vie», est complété, avec ses naissances, ses pertes, ses maladies, ses accidents, ses déménagements, ses joies, ses peines… et ses imprévus : n’est-ce pas Elly qui s’écriait «What, Me pregnant!» (Comment! Moi, enceinte!?) en apprenant avec stupeur, dans le tome #10, qu’elle allait avoir un troisième enfant, à plus de quarante ans?!

 

Le présent tome est donc empreint de nostalgie, on la ressent à la lecture. Michael raconte à sa fille le début de l’histoire d’amour de ses parents, en regardant de vieux albums photos; les premiers romans de ce jeune papa commencent à avoir un succès  intéressant; la jeune April réalise finalement que la vie de musicienne dans un band était amusante, le temps de son adolescence, mais qu’elle ne désire pas en faire une carrière, contrairement à son petit copain Gérald; en plus de retomber amoureuse d’Anthony, Elizabeth doit aussi repousser les derniers élans amoureux du volage Warren à son égard; John prépare sa retraite… puis tous mettent la main à la pâte pour préparer le «simple» mariage d’Elizabeth, pendant que grand-papa Jim dépérit peu à peu…

 

La vraie vie, je vous dis, vue par les lunettes tendres et douces d’une artiste aux traits souples, simples et superbement efficaces.

 

Dois-je le dire? Mon livre restera un peu gondolé, les quelques larmes que j’ai versées en fermant ce dernier chapitre n’ayant pas toute su éviter le coin de la dernière page…

 

 

Plus grandes forces de cette BD :

 

  • l’humanisme de l’auteur, qui transcende de toute son œuvre. Un positivisme sain se dégage de ses livres, une vision de la vie qu’elle partage, sans pudeur et sans prêchi-prêcha. Sincèrement, à force de la lire tous les jours, on a l’impression de la connaître et on aimerait devenir son amie. C’est sûrement aussi dû au fait qu’une bonne part de l’histoire d’Elly est calquée sur la sienne. En effet, sans être autobiographique, plusieurs personnages sont inspirés de sa propre existence. Par exemple, ce n’est pas un hasard si John Patterson, le père de famille, exerce le métier de dentiste : l’époux de Lynn exerce le même métier!

 

  • le graphisme pur et précis du dessin, avec ses arrière-plans juste assez étoffés sans être surchargés.

 

  • le talent de madame Johnson à illustrer les expressions, même les plus subtiles, de ses personnages.

 

  • la présence de couleurs, toujours très franches, pour les planches dominicales (qui, elles, sont plus longues : quatre strips). Cela égaie la lecture.

 

  • la justesse des émotions des personnages. C’est très certainement là la plus grande force de madame Johnson, et la raison de son si grand succès. Elle a le don, à travers les trames de son récit, de trouver le ton et le trait pour nous faire comprendre des émotions vraies, que nous avons tous déjà ressenties.

 

  • le fait d’avoir abordé le thème de la difficulté des enfants à accepter une nouvelle personne dans la vie d’un de leurs parents, à travers le personnage de Françoise, la jeune fille d’Anthony et nouvelle belle-fille d’Elizabeth.

 

  • les touches d’humour, toujours prédominantes, sans être envahissantes. En effet, For better or for worse est une série humoristique, d’abord et avant tout, mais ce n’est pas un humour à se taper sur les cuisses! C’est plus de l’ordre de l’humour tendresse, toujours très juste. Précisons aussi que parfois, madame Johnson y est allé de situations touchantes ou carrément dramatiques, sans plus rien à voir avec l’humour. À chaque fois, c’était tellement bien amené qu’on la suivait sans relâche.

 

  • l’habileté de l’auteur à construire une finale qui boucle vraiment la boucle (voir la dernière phrase du dernier strip) et l’idée d’avoir ajouté une dernière planche dominicale faisant office de post-mortem, où elle nous dresse les grandes lignes du futur de ses personnages.

 

  • les émotions que j’ai ressenties tout au long de ma lecture. Elles étaient d’autant plus vives que je savais que c’était le dernier livre de la série, le testament de l’auteur, en quelque sorte. Je peux même vous révéler qu’à partir des trois quarts du livre (qui fait quand même plus de cent pages!), à chaque fois que je le redéposais, après une séance de lecture, je comptais combien il me restait de pages, appréhendant le moment fatidique de la coupure du cordon.

 

 

Ce qui m’a le plus agacé :

 

  • la décision de madame Johnson de cesser de faire évoluer ses personnages. Car, en fait, elle ne s’est pas tout à fait mise à la retraite. En réalité, elle continue de dessiner des histoires de la famille Patterson, mais du temps où celle-ci n’avait que deux enfants… et que son dessin était plus caricatural, avec des décors beaucoup moins élaborés! Plutôt que de cesser toute activité, elle se donne le droit de travailler un peu plus sobrement, de façon un peu moins contraignante. Vous pouvez suivre, comme moi, les nouvelles aventures de la jeunesse de la famille Patterson sur leur site officiel : http://www.fborfw.com/ . Les archives vous donneront aussi accès aux dernières années de la saga. Si vous comparez les styles, vous remarquerez à quel point son dessin s’était merveilleusement étoffé!

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Marsi, tu as raison: sincérité est l'adjectif idéal pour décrire cette série. On sent la sincérité de l'auteur tout au long de son oeuvre, et c'est, je crois, ce qui me la rend si attachante. Venise, toi aussi, tu trouves le mot juste: deuil. Je me sens en effet comme si j'avais un petit deuil à faire... mais je m'en sortirai, ne serait-ce qu'en relisant les 28 premiers albums! D'ailleurs, c'est vrai que ces lectures ont contribué à l'amélioration de ma langue seconde... et que tu devrais t'y mettre aussi, Venise! Tu joindrais, comme moi, l'utile à l'agréable! Je suis sûr que tu apprécierais côtoyer le quotidien de cette sympathique famille!
Rédigé par P.-G. Luneau le jeudi 23 juillet 2009 à 12:41


C'est un deuil que tu vis là, cher Pierre-Greg. Incroyable comment on peut s'attacher à des personnages. C'est qu'elle avait beaucoup de talent, on en sort 100% convaincu suite à cette démonstration longue et étoffée. Je te gage que tu as dû en ressortir plus bilingue, d'ailleurs cette lecture serait peut-être une bonne manière de parfaire mon anglais. La motivation qu'est-ce que ça peut faire ! En plus, quand on comprend plus ou moins, le dessin devient le plus qui diminue le moins. Ton exposé est très convainquant et si j'ai une peur, c'est tout simplement celle de trop m'attacher en adoptant cette nouvelle famille amicale.
Rédigé par Venise le mardi 21 juillet 2009 à 23:39


Bien, mon cher Pierre-Greg, je dois te dire que je suis de tout coeur avec toi car le peu que j'en ai lu m'a toujours capté et je sait combien tu appréciais ces strips. D'ailleurs, ça se lit dans ta critique. Je comprends que l'on puisse s'attacher de la sorte à des personnages et d'autant plus lorsqu'ils possèdent cette part de sincérité qu'avaient les Patterson. Bon, encore heureux ( mais ce n'est certainement pas le genre de madame Johnson ) que l'auteur ne les ait pas tous fait périr... J'espère que Sanfroy saura un peu les remplacer. Tiens, je suis certain que tu t'attacheras à Lombric le Rouge presque autant qu'à l'un ou l'autre de ces personnages. Je saurai combler ta peine !
Rédigé par marsi le mardi 21 juillet 2009 à 23:20




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