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#03- Terreurs de la nature
#03- TERREURS DE LA NATURE
Scénariste(s) : Gilles Roussel dit BOULET
Dessinateur(s) : Gilles Roussel dit BOULET
Éditions : Glénat
Collection : Tchô! la collec...
Série : Raghnarok
Année : 2003     Nb. pages : 48
Style(s) narratif(s) : Gags en une ou deux planches
Genre(s) : Héros animalier, Humour fantaisiste, Humour morbide, Fantastique médiéval
Appréciation : 5 / 6
Pitoyable dragon aux déboires délirants
Écrit le jeudi 01 mai 2014 par PG Luneau

Titres lus : #03 – Terreurs de la nature (2003, Gags en une ou deux planches, 5/6)

            #04 – Légendes urbaines (2005, Gags en une ou deux planches, 5/6)

            #05 –Tempus fugit (2007, Récit complet, Héros animalier, Humour, Thriller fantastique, 4/6)

            #06 – Casus belli (2009, Récit complet, Héros animalier, Humour, Thriller fantastique, 3,5/6)

Le Raghnarok (habituellement écrit sans le H), c’est l’équivalent, dans les mythes scandinaves, de l’Apocalypse des Chrétiens : tous ceux qui ont un minimum de culture le savent… de même que ceux qui ont lu le premier cycle de l’excellent Crépuscule des dieux , de Jarry et Djief!! :^) Mais dans la série qui nous préoccupe ici, c’est le prénom d’un charmant petit dragon aux prises avec bien des problèmes, et pas des moindres!!

D’abord, ses ailes sont si minuscules qu’il n’arrive pas à voler, contrairement à tous ses congénères!! Puis, il est incapable de produire la moindre petite flamme, pas même une étincelle!!? Évidemment, comble de malchance, sa mère est d’une voracité sans nom et souhaite que son fils fasse honneur à la famille de par sa puissance, sa prestance et l’effroi qu’il suscitera auprès des peuples des environs : presque pas de pression pour le jeune Rag!! ;^)

Heureusement, pour l’aider à s’accomplir, la gentille bestiole (relativement pacifique, au grand dam de sa mère!!) a quand même deux très bonnes amies : une fée (car chaque dragon possède sa propre fée, tout le monde sait ça !?? ;^) et une barbare!!...

Mais encore là, tout n’est pas au beau fixe : Najette, la fée, est si nulle qu’on lui interdit de posséder une véritable baguette magique digne de ce nom!! Quand on voit les ravages qu’elle commet chaque fois qu’elle met la main sur un tel instrument, on comprend ses supérieurs de ne pas l’encourager en ce sens!! ;^) Et pour ce qui est de Roxane, la barbare, et bien… Elle, elle est efficace… Peut-être même un peu trop!! Elle manie la double hache avec tant de dextérité qu’elle peut transformer un immense troll en rondelles en moins de temps qu’il ne lui en faut pour hurler son cri de la mort!! Évitez de la surprendre par derrière ou de vous trouver sur son chemin quand elle s’élance, surtout si vous tenez à vos organes vitaux!! ;^)

Les gags de Raghnarok, je les ai découverts il y a bien longtemps, à leur sortie, en fait, aux débuts des années 2000. J’avais découvert Boulet comme scénariste de la très agréable série les Womoks (malheureusement trop méconnue!), puis par l’entremise de ses Rubriques scientifiques qu’il dirigeait en solo, un peu en hommage aux très chères Rubriques-à-brac de notre enfance. Toutefois, il me restait encore les deux derniers tomes de Raghnarok à lire, les #5 et 6… et il s’avère qu’ils sont très différents des quatre premiers!

Si nous avions d’abord affaire à des compilations de gags franchement rigolos, en une ou deux planches, d’un humour parfois un peu grinçant (quelques gags sont délicieusement violents ou sarcastiques, certaines mamans n’apprécieront peut-être pas trop : n’oublions pas qu’ils étaient d’abord publiés dans le magazine de Titeuf, quand même!?!), les cinquième et sixième albums racontent chacun un récit complet et, ma foi, l’humour y est beaucoup moins apparent!?!

En effet, ces deux derniers tomes (la série est définitivement arrêtée, Boulet me l’a confirmé lors de son passage à Québec, il y a quelques jours) s’apparentent plus à des thrillers fantastiques, et, dans les deux cas, c’est littéralement l’existence de toute l’humanité qui est en jeu!?! Dans le #5, Raghnarok n’en peut plus des reproches de sa mère et décide de fuguer… Au cours de son escapade, il croise une sorcière qui lui permet d’aller voir à quoi ressemblera le monde, dans le futur, quand il sera devenu un «véritable» dragon!! CATASTROPHE!!! Dans le #6, Raghnarok, avec l’aide de ses copines, devra tenter d’annuler les effets désastreux causés par une trop grande accumulation de magie dans la ville voisine, de manière à contrer une guerre civile, rien de moins!!

À cette totale rupture de ton, il faut aussi ajouter un changement radical dans le traitement graphique! Étant convaincu que Boulet avait complètement changé de technique (passant du crayon à la plume, par exemple), je lui ai posé la question… et la réponse m’a sidéré. «J’ai simplement opté pour la couleur directe, à l’aquarelle. J’en avais marre de colorier à l’ordinateur! J’ai donc voulu tester cette nouvelle façon de faire et, puisque je me lançais dans un premier récit complet avec le tome #5, c’était le moment idéal pour expérimenter!... Surtout que la série commençait à battre de l’aile…» Je ne peux croire que seule la colorisation est différente, tant le résultat est à cent lieues de ce qu’il était avant!! C’est dire, encore une fois, l’importance de la couleur dans une œuvre!! Personnellement, et ça confirme ce que je subodorais déjà, je préfère, et de loin, les colorations franches. Donc, bien que le tome #5 raconte un récit très intéressant (et mieux ficelé que le suivant!), c’est celui que j’aime le moins, graphiquement parlant.

Dans le #6 (où l’aquarelle semble déjà avoir été laissée de côté!?), l’idée de base (une version fantasy des désastres écologiques) était fort prometteuse et permettait une critique acerbe du capitalisme sauvage qui sévit… mais la fable écologique qui en résulte est moins probante, du point de vue scénaristique, malgré l’intrigante construction du récit, orchestrée autour d’un long feed-back. De plus, et quoi qu’en dise Boulet lui-même, ses dessins commencent, eux aussi, à changer dangereusement. À titre d’exemples, les silhouettes sont bien plus allongées, et toutes les rondeurs parfaites, qui donnaient leur candeur aux personnages, ont disparu!... Il semblerait presque que monsieur Boulet était déjà enivré par l’appel de la totale liberté, celle qu’il allait pouvoir exploiter (et de très belles façons!!) sur son fameux blogue  : les traits de Casus belli sont en effet bien plus proches de ses Notes que des premiers Raghnarok!! Il était peut-être temps pour lui de passer à autre chose…

Reste que les quatre premiers recueils sont incontestablement à recommander à tous les 10-14 ans de la génération Tchô!!, ceux qui apprécient un humour parfois un peu cru mais toujours désopilant, et que le tome #5, Tempus fugit, offre un scénario intéressant malgré ses images plus rêches…

À lire aussi : la critique du tome #1 de la série, par mon ami Yaneck.

 

 

Plus grandes forces de cette BD :

 

  • la mignonne dédicace que Boulet m’a faite, lors du dernier FBDFQ, dans mon tome #3 : une jolie Najette, qui fait presque toute une page!! Vraiment sympa, le monsieur!! ;^)

 

  • le dessin des premiers tomes. Je suis vraiment un fan fini de leur rondeur et de leur coloration en beaux à-plats francs… d’où ma déception face aux changements de style des derniers tomes!! :^(

 

  • la générosité graphique des tomes 3 et 4. Non seulement les couvertures de ces tomes sont-elles belles, mais on a aussi droit à des pages de garde toujours différentes (qui forment un gag!!), et même à des petits dessins originaux aux côtés de chacun des titres de gags. On était choyés!! ;^)

 

  • les jeux de mots et calembours composant les titres des recueils, et les titres des gags eux-mêmes. Voyez vous-mêmes : Civilisation à steaks, l’Or dur ou l’un peu plus franchouillard Gel et boules!! Tous ces titres sont déjà amusants, avant même qu’on commence notre lecture des gags qu’ils introduisent !?! Il faut être vif et allumé pour faire mouche à tous les coups, comme Boulet le réussit si bien!! ;^)

 

  • la qualité relative de l’humour, souvent décalé, souvent absurde. Souvent, aussi, Boulet réussit ses gags avec le tour de force de n’y mettre aucun texte, ou très peu, dans la case finale! Il faut le faire : le «muet» n’advient pas à tout le monde!!

 

  • les faux anachronismes!! En effet, on est si habitués de voir ce genre (le fantastique) dans un contexte moyenâgeux qu’il nous fait tout drôle d’y voir apparaître des euros, par exemple, ou des téléphones intelligents!?! Mais ce ne sont pas de vrais anachronismes : c’est simplement que Boulet a pris le parti de transporter ce fantastique à notre époque!! Et oui : les balayeurs de rues sont des trolls, Najette mâche du chewing gum, Roxanne suit des cours d’athlétisme et Raghnarok bouffe de la pizza et va au ciné!!? Aucun habitant de la ville du coin ne semble se formaliser de la présence de trolls, de fées, de barbares… ni même d’un (petit!) dragon! Curieux mélange d’époques, donc, qui génère souvent d’intéressants contrastes!

 

  • la grande diversité graphique des elfes et des gnomes. Chaque individu de ces espèces possède une peau de couleur vive (toujours différente!!) et un tatouage celtique complexe mais très raffiné : ça leur donne de la gueule comme c’est pas permis! 

 

  • l’enchaînement occasionnel de certains gags, qui forment ainsi de petites séquences plus longues : une où Rag est malade et tous tentent de le soigner alors qu’il est alité, une où Najette se retrouve en «format géant» (c’est-à-dire de la taille d’une ado normale!!) et qu’elle va faire un tour en ville, puis une où Roxane est au prise avec le génie d’une lampe à souhaits! Je n’ai plus à vous préciser, je présume, à quel point j’aime bien ces enfilades de gags qui cassent le rythme! C’est un gros plus dans les recueils de ce genre.

 

  • la forte caractérisation de chacun des personnages. Tous possèdent leur petit quelque  chose qui attise notre intérêt et nous les fait apprécier : Roxanne, la tof acharnée, Raghnarok, le pauvre incompétent (incapable, même, d’effrayer les lapins !!?!), sa mère, la machiavélique gloutonne… D’ailleurs, j’adore la totale opposition entre cette dernière et Roxanne : elle occasionne de joyeux duels!!

 

  • l’adorable personnage de Najette Fleurdenave!! Déjà, juste avec un tel nom, on imagine la looser finie!! Et quand on découvre son lieu de résidence, qui a l’air d’une cabane à moineau clouée sur un arbre (décorée d’un lit construit en blocs Lego, dans lequel elle dort!!?), on a un portrait encore plus complet de cette charmante nouille!! J’adore l’épisode où elle se fait courtiser par une tonne de soupirants gnomes!! ;^)

 

  • le clin d’œil aux Schtroumpfs, à la p.19 du tome #4 et le caméo (p.35 du même volume) du Professeur Boulet, un ancien personnage (des plus autobiographiques!) de l’auteur!!

 

  • l’épisode où un couple de gentils randonneurs découvre Roxanne endormie, seule, dans les bois et décide de la ramener à l’orphelinat de la ville voisine (à partir de la p.31 du tome #4)! Le réveil est assez pénible pour la jeune barbare… et assez douloureux pour ceux de l’établissement!!?? Dommage, toutefois, que Boulet ait étiré ce gag jusque dans ses deux longs récits : il perd alors de sa force, il me semble…

 

  • les pages de garde des tomes #5 et 6, qui présentent, à la manière des parchemins moyenâgeux (comme au début des films de Shrek!!), chacun des principaux personnages, de même qu’elles en expliquent les interrelations…

 

  • le scénario global du tome #5. Je n’aime pas beaucoup le futur qui y est dépeint, ni les explorations graphiques de l’auteur, mais je dois avouer que la construction générale de l’aventure est ingénieuse, de même que le punch central.

 

Ce qui m’a le plus agacé :

 

  • la rapidité de lecture des recueils de gags. Ces albums semblent nous fondre des mains tant ils se lisent en un clin d’œil!!

 

  • la baguette de Bamboudou… J’ai bien aimé l’épisode où Najette se fait confisquer sa véritable baguette, de même que l’idée de lui donner, en compensation, une baguette pour gamine, complètement débilitante, qui ne veut donner que de l’amour et des poudoudous à tous les namis de l’univers… mais le gag s’étire beaucoup trop!! Il devient même un élément important de chacun des deux récits complets suivants, ce que j’ai beaucoup moins aimé : ça commençait à sentir le réchauffer! :^(

 

  • le changement de style entre les tomes #4 et 5. Boulet m’a expliqué qu’il ne s’agissait  que d’un changement de technique de coloration!? Malheureusement, le résultat  ne me plaît pas du tout : j’aimais trop les couleurs franches de ses débuts!!?? Et il a beau dire, il m’apparaît évident que ses personnages et ses décors sont maintenant tout sauf léchés comme ils l’étaient dans les premiers albums! Qu’est-ce que c’est que ces yeux aux allures de saucisses blanches, sans pupille, directement empruntés au code manga, pour montrer la surprise béate (voir le tome #6, p.34, en bas)?? Et où sont passés mes charmants elfes, avec leurs superbes tatouages celtiques, comme on les retrouvait dans les recueils de gags?? Ceux du tome #6, p.25 et 26, sont bien trop sombres et secs!? Même la tête de Raghnarok se transforme : regardez-la, dans la première case de cette même p.25 : elle est méconnaissable!?! On est bien plus proche du style de Trondheim, dans ses Donjon, que du Raghnarok que j’ai aimé!... D’ailleurs, c’est justement dans ces années que Boulet a intercalé ses parutions de Raghnarok avec deux albums de la série Donjon Zénith. J’ai l’impression que ses expérimentations graphiques sont venues biaiser la donne!!

 

  • la rupture de ton entre les tomes #4 et 5. Non seulement les situations sont plus dramatiques, nous transportant dans un avenir post-apocalyptique déprimant, mais l’humour y est bien moins présent, ce qui semble exacerber la violence présente, la rendant beaucoup plus dérangeante. Ça m’a rappelé un peu la cassure entre les saisons #4 et 5 de la télésérie Kaamelott, alors que, de petites capsules humoristiques, on est passé à de la tragédie beaucoup plus macabre!!

 

  • la finale du tome #6, qui tombe un peu à plat. J’aurais aimé un peu plus de punch, un peu plus d’explications… Bref, peut-être était-il temps d’y mettre le holà!

 

 


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@ Arsenul : Merci, cher ami! J'avais cru remarquer, d'après ce que tu racontais lors de ta récente visite, que ton coeur battait fort pour Tempus fugit! ;^) Content que ça t'ait plu!
Rédigé par PG Luneau le samedi 10 mai 2014 à 13:37


J'avais hâte de voir ce que tu en penses. Pour l'album Tempus fugit est une pure merveille tant au niveau graphique et scénaristique. Il y a des cases que je voudrais avoir en poster. Voir page 24 et voir Najette plus vieille est sympathique.Très bon billet. Ce qui m'a plu: la longueur de ton ce qui m'a plu! Bon travail!
Rédigé par Arsenul73 le samedi 10 mai 2014 à 9:36


@ Anne des Ocreries : Alors file vite à ta bibliothèque : ces gags sont vraiment poilants, comme vous dites chez-vous!!
Rédigé par PG Luneau le dimanche 04 mai 2014 à 11:56


J'ai pas lu, encore.
Rédigé par anne des ocreries le dimanche 04 mai 2014 à 10:32




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